De moi à vous

Au village sans prétention, j’ai bonne réputation ….

S’il est un article que vous lisez souvent c’est celui en rapport avec la jalousie entre femmes (https://www.lesbilletsdemadame.com/de-la-jalousie-entre-femmes/) et je le comprends, bien que je sois exclue par manque d’appétence et d’imagination (peut être) de ce genre de ressenti ainsi que je l’explique dans ce billet d’alors. Je le comprends car je sais, pour nombre de femmes le problème que pose la jalousie, maladive ou non.

Donc naturellement les deux étant reliés par un lien logique soit de causalité, soit de conséquence, soit évoluant parallèlement mais dans une proximité tout de même, il m’est venu l’idée d’évoquer, après la JALOUSIE, la REPUTATION 

Dans l’Emile, Rousseau décrit un homme pour qui tout va bien, qui lit tranquillement son journal, ses enfants jouent près de lui, la télé ronronne, sa femme belle, intelligente, sensuelle est au boulot déjà, l’argent coule à flots, les amis sont nombreux et tous fidèles et attentifs. Bref tout baigne. (les anachronismes, jouons avec)

Et là, OH stupeur, cet homme, Emile, lit dans le journal, une gazette quelconque, qu’on dit du mal de lui. STUPEUR, TREMBLEMENTS…. Tout s’écroule. Il ne serait que cet être abject, misérable avorton, cancrelat nuisible ?

On connait Rousseau, enfin je connais Rousseau, tout s’écroule assez rapidement chez ce garçon. Mais bon, c’est l’exemple que j’ai choisi et je ne peux lutter contre moi-même.

QUELLE IMAGE LES AUTRES ONT DE MOI ?

Le bonheur tranquille dans lequel pataugeait notre Rousseau moderne s’écroule.

Une rumeur vient de le détruire, une rumeur, comme la bave d’un crapaud sur les plumes d’un canard, vient le salir.

Mais qu’est ce que la réputation ?

Un repère d’évaluation, c’est à dire le résultat d’une évaluation partagée au sein d’une communauté, quand bien même cette communauté se réduirait à quelques individus. Il y a donc autant de réputations que de cercles dans lequel nous évoluons.

Cercle professionnel, amical, social au sens large. Chacun de ces cercles réfléchissant par rapport à des normes mises en place au sein du cercle, du groupe si groupe il y a, du binôme, du couple. Cela tient à l’image que les autres ont de nous qui ne nous correspond pas réellement dans la mesure où elle est morcelée ( autant d’images que de cercles ), mais qui est intéressante

Car elle ne peut nous laisser indifférents

Car elle nous renvoie les images que les autres ont de nous : qui peuvent être complètement contradictoires puisque chacun de ces cercles réfléchit par rapport à des normes mises en place soit au niveau individuel, soit au niveau du groupe.

Ainsi vous est-il très certainement arrivés d’avoir une réputation de personne imbuvable pour certains et sympathique pour d’autres. Les concernés si ils se rencontraient, ce qui est peu probable en fait, les cercles étant étanches, se diraient alors «  mais bon sang, on ne parle pas de la même personne ! »

(Je n’évoque pas la manière dont les cercles se forment et en arrivent à déblatérer conjointement sur les uns et les autres, ni n’évoquerai que ce qui retient ensemble ces cercles, les soude si on veut, c’est bien évidemment, les projections communes vers autrui, mais je n’en parle pas … (ceci étant une prétérition:)

La réputation est en général peu bavarde en termes de vocabulaire. «  Tailler une réputation » à quelqu’un se fait en quelques adjectifs sur lesquels la « communauté » se sera mis d’accord en amont.

La réputation peut nous précéder mais aussi nous suivre, un peu comme notre ombre, sorte de double de nous mêmes car on ne peut longtemps ignorer sa réputation.

Le fait est qu’elle DOIT nous parvenir aux oreilles faute de quoi elle n’aurait pas toute sa raison d’être et frustrerait les auteurs. Qu’elle soit bonne ou mauvaise d’ailleurs.

La réputation serait donc comme une identité qui viendrait s’ajouter à la sienne. Une pluralité de réputations et donc d’identités en fonction des milieux dans lesquels on évolue constituerait nos rapports aux autres.

On peut pourtant jouer avec sa réputation même si il s’agit d’un outil plastique difficilement maitrisable puisque c’est autrui qui le construit.

On peut construire sa réputation en activant des leviers en fonction du monde social dans lequel on évolue, des savoir être, en fonction des codes des univers dans lequels on évolue. Ce serait là l’enjeu pour être reconnu socialement : être original sans être un original »

Tâche ardue toutefois car la réputation est l’affaire d’autrui et avant de nous parvenir, se tricote dans le secret.

Bref, comme les passions tristes de Spinoza dont je parle ailleurs (https://www.lesbilletsdemadame.com/merci-a-toutes-et-tous/) lorsqu’elle nous vient aux oreilles ou lorsqu’elle est jetée au visage, faisons bien la part des choses entre les normes véhiculées par les auteurs, leurs névroses, les attentes qu’ils ont, avaient placées en nous en fonction de leurs normes et … fuyons !

En sachant qu’on n’échappe pas à ses réputations:)

J’espère vous avoir aidés à faire la part des choses ( peut être déjà par le fait que notre réputation est multiple, comme un fatras contradictoire) . Suivez les chemins qui ne mènent pas à ROME mais qui vous appartiennent !

Bonne journée Chères lectrices et Chers lecteurs.

Dominique

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