De moi à vous

Battre en retraite ?

Si dans le langage militaire la retraite est synonyme de défaite, dans la vie il en est tout autre.

Me voilà à deux jours de la retraite, effective au 1er décembre. Je ne dirai pas qu’elle était largement méritée, ça n’a guère de sens comme tout ce qui se rapporte d’ailleurs au mérite.

Il me vient à l’esprit l’image que je me faisais des retraités quand j’étais une jeune femme : des vieux qui croulaient sous le poids des ans, fatigués par des années de labeur acharné et qui n’aspiraient qu’à une chose, enfin s’arrêter de travailler. On oublie souvent que le mot « travail » doit son origine au latin : tripalium, la torture. Et il est vrai que c’est assez récent de considérer le travail comme un possible épanouissement de soi.

Pour ma part, j’ai bien travaillé c’est à dire que je me suis souvent « éclatée » dans mon métier de prof, je me suis épanouie souvent au contact des ados et j’ai adoré la classe. Tout ce qui s’y passait déjà, le contact avec les jeunes et les moins jeunes (université, formation adultes) et enseigner, transmettre a été un grand bonheur.

Il me faut à présent réfléchir à une autre façon de transmettre. Ce blog en fera partie même si je veux lui donner une tonalité un peu autre. Je projette de m’investir auprès des tribunaux pour enfants et adolescents, de faire du bénévolat dans des associations diverses. Je n’envisage pas de me mettre à la peinture, la sculpture ou le macramé. Cela me ferait horreur d’occuper mon temps pour l’occuper et je ne crois pas avoir, en dehors de l’écriture, un quelconque talent créatif.

J’envisage aussi de voyager et vais commencer par me faire faire un passeport. Passeport que je n’ai pas eu depuis longtemps, entre une chose et l’autre, je n’avais plus le loisir, la possibilité de voyager. Exit les périodes de vacances scolaires, à présent tout mon temps m’appartient.

Petits voyages et pour commencer début décembre aller voir ma petite fille en Bretagne, profiter d’elle et de cette belle relation, plus lointains par la suite.

Le temps. Il faut en faire son allié je crois de cette notion si fluctuante. Je ne me sens pas vieille, j’ai des désirs de jeune femme et toujours le même allant dans ce que j’entreprends, le même enthousiasme et le même plaisir tant dans les choses factuelles que les relations humaines. Je tombe en amitié, je tombe en amour, je suis toujours aussi passionnée.

Réorganiser ses journées tout en laissant de la place à l’improvisation. Le « lâcher prise  » m’a toujours paru quelque chose d’incompréhensible, j’ai besoin d’avoir des projets et je fourmille d’idées.

Je peux à présent déménager, changer de ville, voire de pays, voir des pays, aller au contact d’autres cultures. Je suis libre d’aller où bon me semble. Je n’ai pas de maison à moi, je loue même ma voiture, j’ai toujours eu ce côté un peu nomade, bohème. Donc aucune attache matérielle, des attaches sentimentales bien sûr : mes enfants et ma mère. Quelques tendres amis qui sauront être là où que j’aille, c’est le propre de l’amitié.

Je vis cette nouvelle phase de ma vie non pas comme la dernière, mais vraiment comme une période dont il va falloir profiter sans s’embarrasser de problèmes qui n’ont pas lieu d’être.

Je retrouve par là une forme de légèreté que je n’avais jamais vraiment perdue. Ecrire un roman m’est venu à l’esprit mais je n’ai pas ce désir de ce qui isole et l’écriture isole. J’ai plutôt le désir d’aller vers les autres, de faire de nouvelles rencontres, de passer du temps avec elles.

Il me faudra la santé. Là les choses m’échappent un peu mais je vais m’engager dans une vie saine, que j’ai toujours eue d’ailleurs. Davantage encore. Mon équilibre psychique est bien là, mon équilibre physique parfois mis à mal je vais oeuvrer pour qu’il perdure encore quelques années.

Je ne me vois pas seule toutes ces années à venir mais il n’y a plus d’urgence. Les choses se feront évidemment quand le moment sera venu, quand le hasard cessera d’être pour devenir des rendez-vous.

Je suis en paix avec mon histoire de vie et ne trimballe pas de grosses casseroles, cela devrait alléger le cheminement sur cette nouvelle route.

Voilà où j’en suis. Dans une forme de libération avec une échéance qui se profile dans les 24 heures à venir.

N’est-ce pas tout simplement merveilleux ?

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