De moi à vous

Billet à la jeune fille que j’étais

La soixantaine passée, qu’aurais-je aimé qu’on me dise à 16 ans ?

Que la vie passe très vite et qu’on regarde parfois avec étonnement toutes ces années passées en se demandant ce qu’on a bien pu en faire. Que tous ces hauts, ces bas, ces virages, ces surprises, ces lenteurs, ces accélérations font que rien n’est linéaire.

Que les instants de bonheur restent des instants à saisir et apprécier car ils n’ont rien de permanent mais qu’il y a un fond de bonheur plus dense qui persiste malgré les tourmentes de la vie

Qu’on a des ressources en soi insoupçonnées et que dans les sales moments, elles se révèlent et même parfois nous surprennent, qu’on apprend toujours de soi.

Que l’équilibre et sa recherche constante sont les conditions du bonheur profond.

Que l’amour peut prendre mille formes. Qu’il évolue. Qu’on peut aimer les gens différemment selon les périodes de sa vie, qu’un amant peut devenir un ami avec lequel il n’existe plus d’autre enjeu que la bienveillance, qu’un enfant devient un adulte autonome avec lequel on peut échanger d’égal à égal, que quand on est parents on l’est ensemble pour la vie, malgré les séparations, que les familles reconstituées peuvent être merveilleuses pour peu que chacun y mette de la volonté.

Que rien n’est grave, hormis l’irrémédiable, c’est-à-dire la santé.

Que la santé physique est directement liée à la santé mentale et vice versa.

Que certaines personnes que l’on rencontre restent pour toujours et quoi qu’il advienne alors que d’autres arrivent et partent lorsqu’elles n’ont plus vocation à participer à notre vie, sans qu’on comprenne toujours bien le pourquoi du comment, mais ce n’est pas grave. Les deux sont appréciables et respectables.

Que la comparaison et le jugement d’autrui sont sans intérêt.

Que se trouver soi-même, se connaître dans ses forces et ses faiblesses, savoir pourquoi on agit comme on agit, à quelle nécessité émotionnelle répond telle action ou telle réaction est un travail ardu, parfois douloureux mais qu’il est finalement le seul qui compte.

Qu’accepter que l’enfant blessé que l’on a pu être ne dirige plus inconsciemment les actions de l’adulte que l’on est aujourd’hui est le travail le plus salvateur que l’on puisse faire.

Que les priorités changent, que sa propre réalisation dans le travail est certes très satisfaisante mais que sa propre réalisation dans la vie l’est encore plus.

Qu’avoir ne vaut jamais le simple fait d’être, que le matériel est fugace et inintéressant, alors que la construction de sa propre spiritualité est permanente et passionnante. Que l’argent n’est en rien la garantie du bonheur, qu’en avoir assez pour vivre est largement suffisant.

Qu’une communication avec autrui et avec soi-même réelle et sincère, dépouillée des apparences et des postures est la clé de toute vie réussie.

Qu’une grande majorité de personnes vivent dans le monde des apparences, qu’elles soient matérielles ou émotionnelles. Que certaines personnes se voient telles qu’elles voudraient être. Que certaines personnes vous voient telles qu’elles aimeraient que vous soyez parce que le reflet d’elles-mêmes que vous leur renvoyez les satisfait. Que certaines personnes ne vous verront jamais tel que vous êtes, ne vous regarderont jamais pour de vrai.

Que c’est leur problème, pas le vôtre.

Qu’il faut souvent pardonner pour avancer. Mais qu’il ne faut pas totalement oublier car cela renseigne sur la qualité humaine des gens et permet de se construire une petite philosophie personnelle du comportement humain.

Que les gens changent, car tout est changement et qu’eux-mêmes sont confrontés à des défis qui les font avancer.

Que certaines personnes ne changeront jamais, mais que c’est leur problème, pas le vôtre.

Que l’adaptabilité constante est la plus grande forme d’intelligence. Que tout peut changer pour le pire ou pour le meilleur en un clin d’oeil et qu’il faut aborder chaque virage avec philosophie, relativité et hauteur.

Que ce qui nous sauve souvent, c’est la bienveillance intelligente, l’empathie et le réel effort de compréhension d’autrui. Mais qu’il faut aussi savoir trancher lorsqu’un con reste un con (y compris au féminin)

Qu’il faut à tout prix sortir les cons de sa vie. Que c’est leur problème s’ils sont cons, pas le nôtre.

Qu’une vie ne s’écrit pas sur 10 ans ou 20 ans, mais sur toute une vie. Que des plus grands échecs peuvent naître de plus grands succès, pour peu qu’on en tire des leçons de vie.

Que tout n’est qu’anticipation. Tout se prépare, tout se travaille, que ce soit intellectuel, physique ou émotionnel.

Mais que le contrôle est illusoire. Qu’il faut toujours espérer le meilleur et se préparer pour le pire.

Que j’aurais gagné à être plus tolérante.

Que la fierté a des limites,qu’il faut savoir reconnaître ses torts et faire amende honorable

Que ce que l’on appelle courage est un mot galvaudé qui comme le mot « bonheur » a pour chacun son propre sens.

Que les gens partent et qu’on ne leur a jamais assez dit combien ils étaient formidables, incroyables, merveilleux et combien on les a aimés.

Qu’il faut toujours remercier pour ce qui est donné sans compter, et toujours donner sans compter à ceux qui sont vraiment présents dans nos vies.

Que la vie passe trop vite et qu’il faut la savourer, toujours, tout le temps.

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