De moi à vous

Bradsock revient pour un « Dernier été ».

Nul n’ignore qu’en ce moment je suis en panne de vitalité. Nul n’ignore également les causes énumérées dans mon billet précédent et nul n’ignore, pour peu qu’on me connaisse dans ce qu’on appelle communément  » la vraie vie  » que j’aime beaucoup F.O.G , Franz Olivier Giesbert, auquel d’ailleurs j’ai consacré un chapitre de mon nouveau livre Comme je t’imagine.
Journaliste-auteur, que j’ai rencontré ici et là sans qu’il sache que c’était encore moi : il est plus facile pour moi de me souvenir de lui que l’inverse, je dis cela en toute humilité . Voyage en Ménopausamie a franchi la barre des 600 exemplaires mais pour autant je ne peux rivaliser ( malgré mon one-woman show à propos de la Ménopause pour Simone) avec l ‘un de nos journalistes les plus célébrés encore aujourd’hui d’autant que mon prochain livre, Comme je t’imagine, qui devrait connaitre un succès énorme, est en rade sur mon bureau du fait de ma panne de vitalité sus-rappelée.


Le roman que j’avais préféré de F.O.G est Un très grand amour. Un roman qui a ému beaucoup de femmes, tant il est touchant de voir le personnage d’Antoine Bradsock aux prises avec un cancer de la prostate et cette grosse interrogation de savoir comment après tous ces traitements continuer à répandre son sperme, comment faire l’amour encore à Isabella et dans le domaine F.O.G ne nous épargne rien : ni les mictions soudaines, les pissous irrépressibles, les fuites honteuses, ni le désir d’en finir, non plus avec l’amour mais avec la vie.

C’est précisément l’amour qui le retient à la vie. Et ça on a beau dire, c’est quand même quelque chose qui séduit beaucoup les femmes : ce désir, ce besoin d’amour par dessus tout, y compris la maladie. F.O.G on a envie de le protéger, de l’aimer, même quand on le voit un peu branlant (sans jeu de mots d’aucune sorte )


Bref..
Après il y a eu d’autres romans, je ne vais pas les énumérer. Wikipedia le fait très bien.
Et là, cet après-midi, je réussis à me trainer ( oui, j’ai une tendinite et une fissuration du tendon de 5,2 mm, moi aussi j’ai mes souffrances) jusqu’à la proche librairie ( où vous pouvez trouver, les Avignonais, Voyage en Ménopausamie :  » La mémoire du monde  » , c’est le nom de la librairie) et là je découvre étonnée un dernier roman de Franz : Dernier été.
Pourquoi Dernier été ? Je ne vais pas vous le dire, ce serait révéler la fin de Franz-Olivier-Antoine Bradsock ( faire ce qu’on dit qu’on ne fait pas est une prétérition ( pour mes élèves qui, je le sais, me lisent, eux, dans cette distanciation qui désormais est nôtre) .

Déjà je redécouvre Antoine Bradsock. Mince, je me dis, ce nom me dit quelque chose et pour cause, c’était le nom du héros de Un très grand amour, sorte de double de Franz, octogénaire à présent, les yeux bleus,mais toujours fringant.


L’originalité est que cette fois, F.O.G imagine comme narrateur une femme. Une narratrice donc, prénommée Diane. L’histoire vous la devinez : l’amour entre Antoine et Diane mais pas que…

Improbable mais l’amour est souvent surprenant.
En revanche ce qui m’a étonné et là aussi, ceux qui me connaissent savent que j’adooooore Houellebecq, c’est que Franz a imaginé une sorte de Soumission ( bis). Nous sommes 20 ans après le confinement et donc le Corona fait partie intégrante du paysage, de même que l’Islamisation etc…Toujours là, comme quoi,on voit bien qu’on nous ment en disant que le vilain virus va disparaitre, au contraire il mute : c’est le Covid 20 à présent. Comme Houellebecq, Franz tisse un scenario futuriste du monde, mais un monde Marseillais pour sa part. ( il s’est installé depuis quelques années à Marseille)

On navigue ainsi entre le Cercle des Nageurs, la chaleur suffocante ( plus de 40°, réchauffement climatique oblige) et un président élu à vie qui termine tous ses discours par la formule terroriste que tout le monde, hélas, connait.


Le petit chat de Diane meurt au début ( Molière pour ceux qui maitrisent deux, trois rudiments ) ça lui donne des sueurs et elle doit quitter son tee shirt ( elle n’a pas de soutien-gorge, rapport au NOBRA). Les considérations sur l’amour s’enfilent les unes dans les autres :  » Qu’est-ce que l’amour ? D’abord, la présence de quelqu’un dont vous ne pouvez plus vous passer  » etc.. je vous fais grâce du reste.


Voilà. Pendant le confinement on se demandait si un livre allait sortir de tout ça. Même Houellebecq, interrogé, avait dit que non, que c’était pas possible… et bien si, F.O.G l’a fait pour notre plus grand  » bonheur  » !


Alors … Cette vision voulue futuriste ? On peut sans problème s’en épargner la lecture, 18 euros qui iront pour l’achat de masques, en attendant des jours meilleurs…peut être.

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