De moi à vous

Chronique d’une liaison passagère

Sait-on quand on se lance dans une relation ce qu’elle va devenir ? Voilà un film qui fait la part belle aux sentiments qui malgré nous surgissent.

On voudrait que tout soit léger, sans projection, juste dans le vécu du moment présent et c’est autre chose qui arrive. On voudrait se changer les idées, fuir la passion dévastatrice et c’est autre chose qui arrive. On voudrait ne plus dire « je t’aime », que ces mots-là ne sortent plus de la bouche même quand ils sont là au bord des lèvres et déjà dans le regard.

Charlotte ne veut plus des larmes, des crises de ces amours qui dévorent, qui rongent et rendent les nuits si blanches et les cernes si noirs. Elle voudrait un amant d’une nuit qu’elle choisit comme on choisit un bel objet, elle se voudrait elle-même un objet de désir, elle voudrait des expériences loin de son quotidien, des enfants, les grands et les plus jeunes.

Simon sait qu’il est heureux et ça lui suffit. Un temps. 

On parle beaucoup dans ce film où les comédiens sont dans un huis-clos permanent, on parle même au-delà des mots, de tout ce que l’on a à l’esprit, qu’on voudrait cacher, qu’on voudrait taire. On triture l’amour et ses pulsions mais sans jamais le nommer. Le nommer serait lui conférer une existence et ça plus jamais.

Mais les choses existent sans qu’on les nomme. De ce jeu là Charlotte et Simon sont les dupes jusqu’au jour où…

La liaison s’étire dans l’échange verbal, se double de lui. Simon n’a pas le sentiment de tromper sa femme puisqu’il n’a pas de sentiment pour Charlotte mais Charlotte s’en va, part ailleurs vers autre chose : l’inattendu, une autre liaison.

Charlotte est une femme libre. Elle donne et prend mais reste insaisissable.

Un beau film dont on sort un peu rêveur, chahuté dans nos certitudes, avec des questions qui tournent et ce …

Pourquoi pas ?

Chronique d’une liaison passagère en ce moment dans les salles

RéalisationEmmanuel Mouret

ScénarioEmmanuel Mouret · Pierre Giraud

Acteurs principaux :Sandrine Kiberlain · Vincent Macaigne

Un commentaire

  • Pierre William Gold

    Encore une belle perception que vous nous offrez de cette  » Chronique d’une liaison passagere » …Allons nous vous lire aussi bientot dans les critiques de films de la gazette de l’Utopia ? Vous y aurez votre place. Ceci dit, je ne suis pas forcément daccord avec vous sur le fait que Simon n’a pas de sentiments pour Charlotte. Ce serait pratique pour lui, mais non, il en a trop….
    Autre chose, mais vous ne l’evoquez pas: la fin est tres interpretable
    Courrent ils se retrouver tous les deux ? ou vers un couple à trois ? ou retrouveront ils leurs partenaires respectifs ? à moins que Georgia Scalliet
    (vraiment craquante) séduise à son tour Simon ?……
    Et tiens, pourquoi cette Georgia me fait penser à vous ? J’en decouvrirai sans doute des pistes en lisant votre dernier receuil de nouvelles….Il faudrait d’ailleurs aussi nous dire ou le trouver.
    En tous cas, ravi de vous avoir, même trop brievement, rencontré devant le Chêne Noir hier apres midi.
    Pierre William
    PS: cela fait plusieurs années que j’aurai du le créer, et je ne dois pas être le seul dans ce cas, alors merci de ne plus nous demander dans vos formulaires de reponse quel est notre site Web en nous culpabilisant ! 😒🤗

Exprimez-vous !

%d blogueurs aiment cette page :