De moi à vous

Ecole buissonnière

Parfois on n’aurait qu’une envie : se mettre dans un trou de souris et que tout le monde nous oublie mais à l’inverse il existe cette possibilité, plutôt que se terrer, de se faire une parenthèse enchantée, une respiration supplémentaire, de retrouver des plaisirs simples et oubliés.

L’esprit de l’enfance, l’école buissonnière,  les libertés provisoires au rythme d’une fugue de Bach.

Retrouver une forme de liberté, d’insouciance, décrocher de tout et tout le monde, fuir la médiocrité, les nouvelles plombantes, les soucis divers, les problèmes de toutes sortes, les gens à problèmes

Décrocher du quotidien.

Vivre quelques jours ou plus longtemps dans une parenthèse qui extrait du monde, bien calé sur la première parenthèse et les pieds sur l’autre.

Se regarder le nombril et ouvrir dans le même temps les yeux sur un ailleurs, fuir la médiocrité, échapper à la colère, celle sourde qui nous envahit parfois devant la bêtise ou l’injustice, la méchanceté gratuite, les enfantillages grotesques des adultes, les sarcasmes

S’abstenir de se projeter dans un avenir trop compliqué  pour daigner qu’on s’y intéresse, retenir du passé ce qu’il a de joli. Surtout ne pas profiter de l’échappée pour faire le point. Laisser venir à soi.

La fugue  qui a le goût délicieux de l’interdit, celui de la porte fermée qu’on nous a sommé de ne pas ouvrir, celui d’un ailleurs qui reste à définir, qui se définira peut être peu à peu dans le cheminement de la fugue.

Car la fugue est un chemin : intérieur parfois mais plus intéressant, à mon sens, ouvert sur le monde. Partir sans savoir où l’on va, s’en remettre à l’inconnu, se laisser porter par le hasard, tourner à droite plutôt qu’à gauche, prendre un train en décidant que ce sera le troisième sur le tableau d’affichage, là, à la gare TGV et peu importe où il va ce train.

La fugue est affaire de solitaire. Mais on peut fuir à deux. J’ai connu autrefois un homme qui me racontait avoir fui, comme ça, quelques jours, avec la femme qu’il aimait, une amoureuse et non sa femme, s’être retrouvés tous deux dans un hôtel loin de tout, avoir passé les jours enfermés dans la chambre, dans un univers recréé pour et par eux deux.

Une escapade de funambule solitaire ou non.  

Voilà qui me séduit

Photos : Brooke Di-Donato

20 commentaires

  • Dominique

    Merci Patricia, oui ça a été une épreuve. Le chemin de la vie est ainsi, il nous appartient de les surmonter, ces épreuves, pour avancer et entrainer nos proches dans le mouvement retrouvé.

  • Lionel

    Merci pour vos écrits et pour moi qui vous connais un peu dans la vie de tous les jours, je salue également la femme exceptionnelle que vous êtes . Douce et si agréable à côtoyer.

    • Dominique

      Merci Lionel,  » Exceptionnelle » je ne sais pas, j’essaye de suivre une ligne et de rester droite, ne sommes nous pas tous des funambules ?

  • Bertrand

    Jolie musique et que de justesse dans les mots et l’évocation des états d’ esprit. Merci pour vos écrits Dominique.

    • Jean-lucF

      Quel plaisir de pouvoir commenter ce bel article. J’ai le souvenir de ces figues en effet. Portables « oubliés », à l’écart du monde tout en le vivant, ce monde. Toujours un régal de vous lire sur ce blog élégant, tout en retenue

    • Dominique

      Toujours un plaisir d’échanger avec les lecteurs qui prennent la peine de me laisser un mot. Merci beaucoup

    • Dominique

      Merci Bertrand pour votre commentaire, les mots sont pauvres parfois pour dire les choses, mais on peut toujours lire entre les lignes pour qui prend le temps de le faire 🙂

  • Pierre

    Délicate, sensible et élégante vous effleurez l’existence, la vivez et nous faites du bien . Merci pour tout ça ❤️

    • Dominique

      Merci Pierre, si je peux participer à l’expression de tout un chacun au travers de mes écrits, j’en suis ravie

  • Antoine

    Toujours un régal de vous lire madame. Votre plume légère fait s’envoler les mots et naître les images. Merci de nous autoriser de nouveau les commentaires. Fuguer au coeur de l’été, le nez au vent . C’est un beau projet

    • Edouard

      Vous savez si bien évoquer, avec légèreté, ces choses de la vie . J’aime votre style et la pensée qui tourne et virevolte. Edouard

      • Dominique

        Merci Edouard. Les méandres de la pensée sont aussi des chemins qui si on les laisse aller nous emmènent vers une forme de libération

    • Dominique

      Merci Antoine, il y a bien des verbes pour dire « la fugue » : se carapater, se faire la belle … En dehors de prendre un temps pour soi dans une ouverture au monde c’est aussi se permettre de se recentrer. On ne le fait que trop rarement

  • christine Z.Collin

    Merci pour ce bel exemple de résilience après ces jours que je suppose lourds et pénibles du mois dernier..et oui fuguer ,faire une virée à deux ou seul.;

    • Patricia Humot

      Beau billet Dominique. Un grand plaisir de lire votre blog . J’ai été très émue par vos textes à propos du décès de votre père. Bon 15 août à vous !
      Une lectrice de la première heure❤️

    • Dominique

      Merci Christine pour vos encouragements ici et là . Oui, je suis assez résiliente, c’est peut être aussi un effet de l’âge.

Exprimez-vous !

%d blogueurs aiment cette page :