De moi à vous

Féministe ?

Mon dernier billet sur ce blog évoquait les notions de sororité et de fraternité. J’ai eu depuis des discussions avec des ami(e)s quant à savoir ce qu’on entendait par féminisme. Et cette question qu’on me posait : Es tu féministe ? revenait souvent.

Et bien en fait, je n’en sais rien. J’ai lu, jeune femme, Simone de Beauvoir et sans doute qu’à l’époque, j’aurais répondu sans hésitation que oui, j’étais féministe. Aujourd’hui je lis des articles sur ce sujet et je n’arrive pas à savoir si je suis féministe ou non.

Mais réfléchissant plus avant à cette question et dans ce mouvement que je dis avoir dans l’article précédent, je me suis toujours sentie comme appartenant à une communauté de femmes.

Je n’ai jamais milité dans un mouvement féministe réclamant l’émancipation des femmes et je déteste toute forme d’idéologie ou de doctrine, d’idées reçues. Je déteste également mettre les gens dans des cases, les étiquettes.

Donc stricto sensu je ne peux me prétendre féministe puisqu’aucune de mes actions ne vient corroborer cette affirmation .

Je suis bien sûr reconnaissante aux générations qui m’ont précédée de me permettre d’avoir aujourd’hui un statut juridique équivalent à celui des hommes, le droit de disposer de mon corps.

Pour autant je ne me reconnais pas dans les mouvements féministes tels que proposés de nos jours.

Le fait de faire entrer les gens dans des boites avec étiquettes amène à l’émergence d’archétypes. Mes enfants, mes trois fils ont eu des jeux de garçons, mais ont aussi materné des peluches, joué avec des filles à la poupée.

L’égalité que l’on retrouve dans tous les courants de pensée féministe, l’égalité bien naturelle des domaines juridiques ou sociaux entre les hommes et les femmes, est évidemment indispensable, même si elle n’est pas acquise de partout.

Cette égalité n’empêche pas une singularité des genres. Singularité qui est corrélée aux différences anatomiques, chromosomiques, hormonales et qui induit une différence de postures des uns et des autres dans nombre de situations.

Mais il me semble également que si je n’ai pas de conscience féministe et c’est ce que j’évoquais en filigrane dans le précédent billet c’est que je ne supporte pas les comportements « contre » qui ne correspondent pas à l’image, idéalisée peut être, que je me fais de la société humaine.

Les mouvements féministes, à mon sens, trop souvent contre le masculin, sont donc contre productifs.

On ne peut imaginer une société où les femmes seraient contre les hommes, dans des groupes bien distincts qui se font la guerre.

On ne peut donc penser le féminisme sans inclure le masculin dans le débat.

Si j’aime infiniment les femmes (en dehors des bécassines), si je me sens dans cette appartenance totale au féminin, j’aime aussi infiniment les hommes (en dehors des gros lourds) non pas parce qu’ils sont hommes ou femmes, ces individus, mais parce qu’ils sont humains.

Donc je serais plutôt humaniste.

Je crois en effet que chacun, indépendamment de son genre, recèle des trésors d’humanité.

%d blogueurs aiment cette page :