Un peu de moi

Figer la vie

C’est toujours compliqué d’expliquer pourquoi on aime un tableau, un texte, une sculpture et il me vient cette idée depuis hier que ce que j’aime particulièrement dans l’art quel qu’il soit c’est cette illusion que donne l’artiste de figer la vie.


La figer dans une attitude du personnage qui n’est pas tournée vers le peintre pour la peinture, chercher à rendre par les mots l’instant vêcu dans la littérature et finalement ça n’est pas autre chose que j’ai fait dans mon dernier livre Comme je t’imagine qui paraitra dans quelques semaines : Figer des personnages ( masculins ) à un moment de leur existence, les donner à voir tels que je les ai vus, entendus, ressentis, ou imaginés.


On peut aussi voir là l’intention de la photographie qui loin de chercher la pose va souvent cueillir l’individu dans la spontanéité, dans le geste ébauché, l’expression dérobée.

Vettriano ( autoportrait)
Vettriano


C’est ce qui nous plait chez Vettriano, Hopper, Derain, Courbet, Caillebotte, Camille Claudel ( image mise en avant ) les photographies de Vivian Maier et tant d’autres. Ce qui rend aussi accessible l’image par le fait de capter les personnages ou les personnes dans leur élan de vie, une présence comme absente, une réflexion, un geste, nous les rend beaucoup plus proches que l’artifice de la pose.

Hopper
Derain


C’est aussi le propre de toute la peinture réaliste et plus largement du courant réaliste du XIX ème que de donner à voir la vie au plus proche de la réalité : un miroir de la vie, plus saisissant que la vie elle-même.

Vivian Maier

Je ne veux pas dire par là que la peinture qui cherche la pose du modèle soit inintéressante. Elle fait appel à d’autres cordes dans notre approche de l’oeuvre, une autre forme de sensibilité, un raisonnement parfois, une appréciation de la technique…Elle m’intéresse différemment.


Il y a tant de façons d’aborder l’art.


On lit chez Flaubert, dans sa correspondance, cette difficulté de saisir le moment et le traduire en mots, puis en phrases, cet acharnement à le faire.

Une lutte.


 » Je sens contre la bêtise de mon époque des flots de haine qui m’étouffent. Il me monte de la merde à la bouche, comme dans les hernies étranglées. Mais je veux la garder, la figer, la durcir. J’en veux faire une pâte dont je barbouillerai le XIXe siècle, comme on dore de bougée de vache les pagodes indiennes « .
( Lettre À Louis Bouilhet, le 30 septembre 1855 )


Je suis fascinée par ce désir là d’attraper la vie, de la saisir dans l’instant.


Voilà, c’était ça que j’avais envie de partager avec vous aujourd’hui.

Dominique Mallié

Et pour commander Voyage en Ménopausamie, chroniques de la cinquantaine débridée, un petit mail à mallie.dominique@orange.fr ou dans l’espace du blog qui vous est réservé pour me joindre. Merci !

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