Un peu de moi

Hommage à Raphaël

C’est la première fois que je rends hommage sur ce blog à un ami disparu qui m’était cher.

Raphaël Merindol est décédé aujourd’hui.

Si j’ai choisi de te rendre hommage ici, sur ce blog, Raphaël, c’est parce que tu aimais ce que j’écrivais et puis nous avons tant écrit ensemble, il y a quelques années.

Tu es la première personne que j’ai croisée en arrivant à Avignon. J’étais près du camion de déménagement, je surveillais mes meubles pendant que les déménageurs s’affairaient chez moi, tout près.

Tu es passé et tu m’as dit  » Vous êtes lumineuse ». Après, des mois plus tard, nous avons fait connaissance et nous avons beaucoup écrit ensemble, au café. Nous nous répondions, imaginions des histoires, nous avons beaucoup ri aussi, tu m’as vu pleurer. Tu étais mon ami et cette amitié m’a tant aidée à m’installer ici, dans cette ville où je ne connaissais personne. Tu étais devenu un repère.

Et puis tu as rencontré Françoise et vous avez eu un petit garçon. Je me souviens que tu me disais : « Je veux un enfant, sinon j’aurais l’impression d’avoir raté ma vie ». Tu ne verras pas ton fils, Kleber-Henri, adolescent mais je suis certaine qu’il porte en lui toute la richesse que tu lui as transmise.

J’ai admiré l’érudit, l’historien d’art, le poète aux multiples publications. Tu étais pince-sans-rire, tour à tour tendre, ironique, caustique, indulgent, exigeant, fragile et fort, terriblement humain. Tu ne supportais pas la médiocrité et t’emportais pour des broutilles, tu citais des vers de Shakespeare à tout va dans un anglais parfait, tu étais un dandy, un romantique lucide qui aimait la vie. J’ai aimé l’homme, l’ami qui racontait des histoires parfois graveleuses qui me faisaient sourire.

Ce soir, j’avais prévu d’écrire sur ce blog un billet à propos de « la réputation » et c’est à toi que j’écris. J’aurais préféré mille fois et plus encore, mes divagations philosophiques à cet hommage que je rédige, alors qu’il fait nuit dehors et en moi.

Je suis si triste.

Bye Raphaël, Bye dear friend. Sale blague que tu fais ce 26 février. Tu vas me manquer.

Dans le dernier chapitre de mon livre « Comme je t’imagine », c’était de toi dont il s’agissait. Je le livre là aux lecteurs de mon blog et à toi. Tu l’aimais beaucoup.

Pardonne ces images du chapitre 52 que je t’ai consacrées, floues, mais comme dirait un autre de mes amis : c’est ma marque de fabrique, le flou.

Dominique

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