De moi à vous

Hôtel de Gasqui

J’ai cette chance d’habiter à Avignon dans un Hôtel particulier absolument magnifique dont les jardins ont été refaits façon XVIIIème Siècle

Le bâtiment avant sa rénovation
Le bâtiment après rénovation

Un peu d’histoire :

Qui sont les Gasqui ?

Les Gasqui sont dans l’entourage des comtes de Forcalquier aux XIe et XIIe siècles.
– Deux évêques : Jean Gasqui, évêque de Marseille de Marseille de 1335 à1344, et Jean Gasqui, religieux bénédictin, né à Manosque, évêque de Nîmes de1367 à 1372.
– Jacques Gasqui est syndic de Forcalquier en 1332, un autre Jacques Gasqui prête hommage en 1385.
– En 1380, noble Raymond Gasqui est député en Avignon auprès du pape.
– Antoine Gasqui sert comme capitaine dans les troupes protestantes pendant les guerres de Religion.
– Noble Pierre Gasqui licencié en droits et avocat, est viguier de Forcalquier en 1484, et neuf fois consul de Manosque entre 1474 et 1512.

On perd ensuite la trace de cette branche pour retrouver un peu plus tard Joseph Gasqui docteur en droit de l’université d’Avignon et avocat qui achete en 1706 une maison place des Trois Pilats pour son fils Vincent-Xavier Gasqui (1702-1774), docteur en droit et avocat comme son père, viguier de Pernes, juge des gabelles et consulteur du Saint-Office. La place des Trois Pilats doit son nom au fait qu’au Moyen Age, trois poteaux surmontés d’une tenture avaient été installés afin d’accueillir les indigents.

Il fait reconstruire la maison dans le second quart du XVIIIe siècle comme l’indique un document de 1744 dans lequel il est écrit qu’elle « vient d’être rebâtie ».

L’hôtel a été le siège des Illuminés d’Avignon, secte fondée par Dom Pernety. Antoine Joseph Pernety  a été arrêté à Avignon en 1793 puis relâché sur intervention du représentant en mission Poultier.

Il est alors recueilli par le citoyen Gasqui dans son hôtel de la place des Trois-Pilats. Antoine-Joseph Pernety y est mort, le 16 octobre 1796.

Son fils Joseph-Régis de Gasqui, juge de paix, s’est marié à Marie-Magdeine Morard. Leur fille aînée, Marie-Eugénie de Gasqui (1799- ), s’est mariée le 20 août 1828 avec Edmond de La Bastide faisant entrer cet hôtel dans la famille de La Bastide.

L’hôtel est inscrit au titre des monuments historiques le 4 octobre 1932 sous le nom de Hôtel de la Bastide.

Il redeviendra l’Hôtel de Gasqui peu après.

Le bâtiment :

Situé sur l’un des plus jolis « planet » – petite place en provençal- de la vieille ville, ce bel hôtel offre au regard des passants sa somptueuse façade encadrée de refends et surmontée d’un fronton sculpté, orné de deux oiseaux chimériques, d’un vase au centre du tympan et d’une guirlande de fleurs et de fruits dans les angles.

La première fois que j’ai visité cette demeure pour y habiter, mes pas m’ont guidée irrésistiblement vers la lumière qui filtrait à travers une porte légèrement entrouverte au bout d’un long vestibule. J’ai donc laissé sur ma droite un escalier majestueux aux ferronneries magnifiques dessiné par Paul Vilain en 1924

Je suis entrée dans un jardin clos. Les rosiers blancs étaient en fleurs, un arbousier géant dégoulinait de fruits, un arbre de Judée participait à donner une fraicheur agréable à l’ensemble.

Seul le chant des oiseaux venait troubler cette paix tant la demeure est protégée par de hauts murs.

Je me suis prêtée à une séance photo pour vous faire découvrir le lieu et le quartier, dans un tailleur rouge, pantalon oversize et petite veste cintrée à manches trois-quarts de chez Zara. (collection de ce printemps à venir)

La lumière joue

Dominique Mallié

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