Un peu de moi

Juste pour moi…

Peut être que c’est venu quand une mouche est entrée ce matin et que j’ai été contente de ça… de l’irruption d’un insecte dans mes mètres carrés. Là où j’aurais pu m’interroger sur mes facultés mentales, j’ai ressenti une pulsion de bonheur à la suivre des yeux, insouciante et légère, d’une fenêtre à l’autre, virevoltante, agile et pataude à la fois, une vraie mouche de film. Entrée là . Juste pour moi. Comme dans Il était une fois dans l’Ouest .


Et puis ça a continué, au supermarché : énorme jouissance de voir qu’il y avait des packs de coca light avec comme un espoir au bout de perdre mes deux kgs pris en deux semaines, soit six en ligne de mire selon toute vraisemblance si le livreur n’était passé, n’avait trouvé des masques, si le chargé des rayons n’avait pris le temps de cacher un pack de light derrière les cocas  » normaux « . Juste pour moi. Comme dans les contes de fées.


Ou peut être que c’est venu quand j’ai vu que le lierre commençait à faire des feuilles dans le patio. C’était timide au début, j’ai même failli le rater mais Dieu merci, j’en étais à regarder un merle quand d’un coup, j’ai nettement vu que la feuille allait se déplier. C’était très beau cette nouvelle feuille, toute pimpante qui s’échinait à vouloir naitre d’une vieille feuille ratatinée. Juste pour moi. Comme dans Le Petit Prince.


C’est venu aussi quand l’appartement a commencé a changé. Là ce n’était plus la cuisine mais le restaurant, et vous avez vu le menu, Monsieur ? Vous voulez le plat du jour ou … rien ? (c’est un restaurant à la bonne franquette).

Dans cet appartement…

On prend son bain à la piscine. On boit un pot dans un bistrot branché jazzy ( le salon) et quand on traverse l’appartement, on emprunte la rue principale en faisant bien attention de passer sur les passages piétons. Parfois le feu est rouge pour cause de grand ménage, il vaut mieux rester dans son hôtel alors. La police ( moi ) est très vigilante quant aux autorisations. On ne sort de sa chambre que pour un motif valable sinon on est verbalisé et là ça fait mal. Matteo qui n’est plus à un étonnement prés a déjà une note salée qui va amputer gravement son salaire à venir, si par hasard un jour, on sort. Le soir on danse sur la piste, près de la fenêtre, sous les yeux des voisins incrédules. Et c’est là que je réalise. Tout cet univers qui se crée. Juste pour moi. Comme dans En attendant Bojangles.

Et puis ça a continué quand j’ai trié mes livres et que j’ai vu que j’avais des livres comme autant de messages : Je vais mieux, Trésor d’amour, Continuer, Philosophie sentimentale, Liaison romaine, Des yeux de soie, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, Ecrire la vie, Le lit défait, J’étais derrière toi, Le nouvel amour, Redites moi des choses tendres, Au gré des jours, La première chose qu’on regarde, La nuit sexuelle, Un homme aborde une femme… et que d’un coup j’ai pensé que tous ces livres disaient la même chose en fait. Juste pour moi. Et puis ces mots, cueillis là au hasard d’une page cornée.  » L’amour ça recommence tout le temps. Ce sont des allumettes qu’on n’arrête pas de gratter…Jusqu’à la dernière. Moi désormais je gratte toujours la même allumette et, chaque jour, il me semble que la couleur de la flamme a changé « …

Juste pour moi

Dominique Mallié

Et pour commander mon livre Voyage en Ménopausamie, chroniques de la cinquantaine débridée, c’est par là : Mallie.dominique@orange.fr ou dans la partie  » message personnel  » du blog, qui vous est dédiée . Merci !

%d blogueurs aiment cette page :