De moi à vous

L’amour, vous en parlez…

Il y a quelques années ou mois, je ne sais plus, je venais vers vous avec un petit questionnaire, vous solliciter dans la moiteur d’un autre été, sur ces moments d’amour que vous avez vécus, ce merveilleux sentiment qui rend tellement plus vivants et vous aviez été nombreux à répondre. J’avais alors fait une sorte de synthèse de vos réponses, mêlées aux miennes et si je le republie aujourd’hui, un peu modifié, ce billet, c’est pour le plaisir des mots, des images, des moments passés et d’autres à venir

Merci à toutes et tous d’avoir répondu si sincèrement à ce petit questionnaire de nos vies amoureuses … Voilà, ce texte c’est vous, c’est moi.

L’amour, on l’a dit, mais quand déjà la première fois ? A 15, 17 ans… On l’a dit sans retour parfois ou pour être quittés dans la foulée, et pourtant on y croyait dur comme fer. On l’a dit chaque fois qu’on était amoureux avec la même foi et puis on s’est tu souvent parce que les femmes comme les hommes peuvent être sourds. On l’a dit un peu comme la soif, par besoin, celui des mots, pour les entendre soi-même, parce que c’était joli dans la bouche et le moment.


L’amouron l’a fait dans la douceur et la timidité des premières fois, dans l’urgence et la fougue ici et là : dans les toilettes vite fait, dans la voiture, dans la nature et dans la mer, dans les vignes ou sous la treille, dans le lit de De Gaulle, dans un clic clac qui s’est refermé aussitôt, au cinéma et dans une chapelle, sous une porte cochère quand la ville dort…


On a été quittés parfois avec des textos laconiques qui nous laissaient muets de douleur le soir de Noël, avec des  » Je ne t’aime pas  » qui sont restés gravés en soi au fer rouge, avec des  » bon vent  » plus légers, plus marins, avec des silences qui étaient pires que des mots, avec des insultes auxquelles on a pas cru, des messages qu’on n’aurait pas dû lire destinés à d’autres.


Les folies on les a faites
 : parcourir des kms à pieds pour arriver nulle part, tout plaquer malgré l’entourage, faire une crise adolescente à la quarantaine, quitter pour aller voir ailleurs et quitter encore pour un autre ailleurs, s’envoler en moto serrés l’un contre l’autre, ignorer la fatigue et s’enivrer de la vitesse. Qui a dit que la distance empêchait l’amour ? On a pris des avions pour un aller retour, traversé la France dans sa longueur, pour une nuit, une journée et recommencé. On est même entrés dans des histoires en sachant qu’elles étaient foutues dès le début mais on était assez fous pour le faire. Ces folies on les a faites et d’autres seront à faire, qu’on ignore encore, qui viendront nous surprendre dans ces trains qui nous conduisent vers l’autre à l’aube, dans ces mains qui se posent au hasard d’une danse, un soir de carnaval, ces doigts qui se croisent et frémissent de ça. Et puis parfois, à contrario, on se dit qu’on a pas été fous, que personne ne nous a donné ce désir là de nous surprendre nous-mêmes et que tout peut arriver encore à l’âge de la déraison.


Des regrets oui, on en a, de ceux qui laissent un goût amer, celui des femmes et des hommes qu’on aura laissé passer, celui de n’avoir pas su s’abandonner assez pour ressentir de l’amour, celui d’avoir trop bazardé tout trop vite. Le regret d’avoir rêvé une histoire qui en fait n’existait pas, celui d’être resté dans des histoires qui nous ont fait du mal et d’avoir persisté malgré tout et tous. Le regret de ces vies qui auraient pu être nôtres, de tout ce qui aurait pu s’écrire autrement.


Et des souvenirs magiques plein la mémoire : les roses rouges qu’on reçoit d’un ou d’une qui restera inconnu (e), les nuits au bord d’un lac serrés l’un contre l’autre, le feu d’artifice tiré exprès pour moi dans le parc de la maison familiale avec un nouveau né contre moi, l’ami qui est devenu l’amour, l’amour fait comme si c’était la dernière fois, et la dernière fois qu’on a fait l’amour sans savoir que ce serait la dernière.

Tout reste à écrire encore, toutes ces choses qui nous constituent car sans amour rien ne vaut la peine de …

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