De moi à vous

Le lit, un meuble central dans nos vies

Petite digression autour du lit, ce meuble central qui accueille nos rêves, nos sommeils, nos insomnies aussi, nos amours parfois, notre intimité toujours qu’elle soit celle vêcue seul ou en couple ou même davantage si on se fie aux enluminures du Moyen-Age.

Ce choix d’évoquer ce meuble sur ce blog vient d’une réflexion que je me faisais ces temps : le lit dans lequel nous passons environ 1/3 de nos vies nous accompagne de la naissance à la mort.

On nait dans un lit, d’hôpital ou à la maison, de manière générale (j’exclue les originaux qui naissent dans des taxis, des voitures, au bureau etc, qui restent minoritaires:), on se réfugie dans son lit, on y demeure malade, fatigué, on s’en extirpe avec difficulté lorsque l’hiver est là.

On meurt dans un lit de manière générale là aussi, que ce soit chez soi, chez d’autres, dans un service hospitalier.

Bref, il fallait donc bien que je me penche de façon un peu plus sérieuse sur ce meuble de nos vies , de nos jours et de nos nuits.

Quelles sont nos habitudes de dormeurs ? Quid des idées reçues ?

Notre position au sein du lit en dit long sur notre façon d’être face aux autres, sur notre comportement ou notre affect. Dormir du côté gauche ou du côté droit prend toute sa signification.

Décryptage sur les différentes interprétations qui peuvent en être données :

Il y a ceux qui pensent que les hommes dorment souvent à gauche pour être plus près de la porte, un comportement qui remonterait à la nuit des temps et serait lié à leur fonction de protection du foyer. On parle parfois de « la théorie de la caverne ». Il y a aussi celles et ceux qui pensent que c’est génétique ou familial.

La chaîne d’hôtel britannique « Premier Inn » s’est intéressée à la question et a effectué un sondage sur 3000 de ses clients. Les résultats ont montré que les personnes dormant du côté gauche étaient de meilleure humeur lors de leur réveil, plus enjouées et moins stressées.

Près de 25 % des sondés dormant du côté gauche disent en effet voir la vie de façon positive alors qu’ils ne sont que 18 % à témoigner de même en dormant du côté droit. Devrait-on y voir un signe ?
Le portail Yahoo avait posé la même question aux internautes en ligne. Les résultats étaient plutôt partagés. Certains avouaient même préférer le milieu du lit pour disposer de toute la surface du matelas et de la totalité de la couette…

Que dit le Feng Shui ?

Pour les Chinois et dans le courant du Feng Shui ;  dormir à droite est relié au yang masculin, qui incarne les prises de responsabilité et l’action. La position à gauche du lit représente, elle le yin féminin, et est plutôt associée à la réceptivité et à la créativité. On conseille également de dormir à droite pour décupler son énergie, notamment dans la sphère professionnelle.

Un constat s’impose : certain(e)s d’entre nous n’arrivent pas à s’endormir ou dorment mal s’ils ou si elles n’ont pas leur place habituelle au sein du lit : à l’hôtel, en voyage ou chez des amis par exemple. Instinct, choix ou habitude tenace au sein du couple ? Une chose est sûre, il vaut mieux dans tous les cas privilégier un lit King size pour gagner de la place et s’octroyer des nuits en toute tranquillité !

Ce qu’en dit la psychologie comportementale

Quand l’homme dort à gauche du lit, il est souvent protecteur, tendre tout autant que réaliste et intellectuel, prenant la place du « cerveau gauche » dit cartésien.
La femme qui dort à droite du lit est elle du côté du « cerveau droit » qui représente l’affectivité, les émotions, la créativité et le romantisme.

Les personnes qui changent de place systématiquement la nuit et n’ont pas de position attribuée au sein du lit sont vues comme des individus n’ayant pas besoin de territoire pour exister. Adaptables, parfois volages, ils sont pourtant généralement fidèles quand ils ont rencontré le véritable amour.

Et au Moyen-Age ?

Selon un essai qui vient de sortir et qui s’intitule «  Au lit au Moyen Age, comment et avec qui ? » de Chiara Frugoni, le lit est un des principaux meubles de la vie de cette époque.

Dans la chambre on dort à plusieurs dans le même lit, ce qui est le cas également dans les auberges et même à l’hôpital. On reçoit aussi dans sa chambre car la chambre à coucher est généralement la pièce dotée de la plus belle cheminée. Chez les seigneurs et le roi, on y exerce le pouvoir.

Ainsi le lit d’apparat de Charles V, le Sage, mesurait à peu près 40 mètres carrés, soit l’équivalent d’un studio parisien. On imagine toutes les choses que le grand roi de France, hélas un peu oublié aujourd’hui, alors qu’il fut le principal artisan de la traduction de la Politique d’Aristote en langue française pouvait y faire. Mais c’était là, cette dimension hors normes, une exception.

On y dormait à moitié nu pour des raisons d’hygiène, ce qui n’était pas très agréable, surtout en hiver, car on éteignait aussi le feu dans les cheminées afin d’éviter l’incendie. Les lits étaient donc larges mais aussi courts : on ne dormait pas allongé de peur d’être saisi par la mort. Cette contrainte de la menace de l’incendie explique en partie les lits à baldaquins. Faute de feu, se protéger du froid passait par une volonté d’isolement du lit du reste de la pièce.

Evidemment on ne fait pas que dormir dans un lit mais je vous laisse découvrir cet essai de Chiara Frugoni pour ce qui concerne la question sexuelle.

Bonnes nuits à vous !

%d blogueurs aiment cette page :