Un peu de moi

Les amours passagères

Force est de constater qu’il y a, avec le temps, toutes les habitudes de vie, les casseroles, les divorces, les deuils une certaine difficulté pour ne pas dire une grande difficulté à se retrouver de nouveau en couple.

Je fais partie de ces femmes que le couple à mon âge, pas encore canonique mais quand même, fait rêver. Et même je dirais que le QUOTIDIEN du couple me fait rêver. Faire les courses ensemble, se réveiller ensemble, s’endormir ensemble, déjeuner, diner ensemble me semble désormais comme une sorte de rêve qui m’est devenu inaccessible.

Plus j’avance en âge, plus la probabilité que cela m’arrive de nouveau s’éloigne de moi.

Qu’est-ce donc que ce phénomène?

J’ai écouté Luchini qui clame haut et fort que le couple est une horreur, une forme d’existence à deux qui nie l’individualité. Qu’à cela ne tienne, j’ai suffisamment exploré l’individualité, la vie en solo comme on dit aujourd’hui pour qualifier les SOLOBATAIRES, pour savoir que j’en ai marre et que je bave d’envie d’une vie de COUPLE.

Dans SOLOBATAIRES, néologisme qui me convient parfaitement sans m’aller tout à fait, je vois un combat seule. Combat contre tout et n’importe quoi où le moindre grain de sable de la vie, qui pourrait être banal, devient un évènement hautement agaçant.

Mais que se passe-t’il pour que fuient ainsi les amours ? Que les hommes rencontrés ne cherchent au final que des amies, des compagnes de jeux un peu comme on le faisait enfant. Quelle est donc cette forme de régression dans le rapport aux autres qui rejette tout engagement au profit de MOMENTS ? Oui, la vie est faite de moments mais pour autant il s’agit de les mettre bout à bout pour qu’ils perdent leur sens de MOMENTS et deviennent VIE COMMUNE. Quel est donc cet enragement à vouloir morceler sa vie, la compartimenter qui vient à certains avec l’âge ? Ne plus rien mélanger, garder au chaud ses amis, ses petites habitudes et tenir l’autre à bout de main pour les moments qui tous ne doivent être que plaisirs. 

 » Nous ne sommes pas un couple  » me disait un amoureux potentiel de quelques mois. Qu’étions nous alors ? une paire, un duo, un hasard ? Qu’étais-je : un paliatif contre la solitude ? Une distraction ? Ou pire un remède ? Un pansement ?

Comment ne pas perdre mes illusions auxquelles jusqu’à il y a quelques années je tenais tant ? Comment ne pas renoncer, baisser les bras et se faire une raison comme me dit ma mère qui est la reine du bon sens et des aphorismes?

Arrête de chercher ma fille, me serine-t’elle, forte de son grand âge, c’est quand tu auras renoncé à tout que ce tout, armé de ses petites lunettes, de sa calvitie naissante, de ses rides profondes, t’arrivera.

Aussi désormais, ce qui est relégué au rang d’une abstraction, d’un CLOUD posé je ne sais où, ce TOUT qui est pour l’heure un RIEN, je l’ai sorti de mon esprit.

Mais je ne manquerais pas de vous avertir s’il devait surgir 🙂 (inopinément)

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