Un peu de moi

Noëlophobe


Les vitrines commencent à se remplir de robes à paillettes, de petits hauts argentés ou dorés. Il y a des boules partout, de faux paquets cadeaux dans les vitrines, des papiers cadeaux tous plus clinquants les uns que les autres et …. des sapins, rebaptisés « DE NOËL », chaque année, arrachés à leur terre, tronçonnés à la va vite, alignés par tailles sur les places, grillagés de ficelle, serrés les uns contre les autres, traumatisés, bref…il faut parler du traumatisme du sapin qui se retrouve dans des foyers surchauffés, piqueté de décorations rouges et or, surmonté d’une hypothétique flèche qui branlera pendant des jours au passage des enfants surexcités et finira un beau matin dans la rue, même pas dans une poubelle, jeté dans une rue, en catimini, le tronc en l’air, les aiguilles rares, pitoyable.

Et le Père Noël ?

Emblématique image lancée par la boisson la plus bue au monde, le père Noël auquel on nous a demandé de croire, enfants, jusqu’à nous dire, un moche jour, que ce n’était pas vrai, que tout ça c’était des mensonges et que les cadeaux c’était les parents, comme d’hab. Mais on poursuivra la duperie, tradition en tête, idée de ne pas faire des enfants différents de leurs camarades et on leur fera écrire des lettres au devenir incertain…

Et les repas de Noël ?

Le casse-tête annuel, dinde ou pas, marrons ou pas, gratin dauphinois, bûche, de quoi s’empiffrer pendant des heures avec dans l’œil les résultats de la prochaine prise de sang où le taux de cholestérol aura explosé, en plus des kilos qui s’affichent sur la balance …. les réunions de famille où on cherche quoi se raconter. Les familles recomposées réunies pour l’occasion, les tensions perceptibles, les semblants, les cadeaux décevants qu’on mettra sur le Boncoin le lendemain. Et je passe les marchés de Noël ou sous prétexte de laïcité ambiante on nous a sucré les santons, les crèches, où s’alignent les pains d’épice, les monceaux de foie gras, les champagnes millésimés ou pas, le vin chaud à avoir des brûlures d’estomac pendant des heures.
Vous l’aurez compris, je suis NOËLOPHOBE…. MAIS capable de voir tout de même que pour certains c’est juste bien : une jolie fête de famille où chacun fait des efforts pour que tout se passe bien, ne dit-on pas la trêve de Noël ?  Des enfants avec des étoiles dans les yeux qui attendent le père Noël comme le Messie,  à qui on raconte tout un tas d’histoires toutes plus saugrenues les unes que les autres, et c’est beau de voir tout cet imaginaire qui n’est blasé de rien,  une fête religieuse et il faut savoir s’en souvenir, le plaisir de faire des cadeaux plus encore que celui d’en recevoir, de chercher ce qui va faire plaisir, et cette attention aux autres, même figée dans le calendrier, même forcée, elle est là. 

Et les « réjouissances » ne sont pas finies ! Une semaine après il y aura cet horrible réveillon à passer, au mieux, au fond de son lit, sous la couette 🙂

Dominique Mallié

%d blogueurs aiment cette page :