Un peu de moi

Nouvelles d’ici et d’ailleurs…

A la manière de …

Le 19 mars 2020 à 8h20, Mme Portier, ma voisine, sortait de chez elle, une écharpe autour du visage, rouge comme son pantalon, pour se rendre 350 mètres plus loin à la boulangerie de la place Pie où elle allait oublier le pain au chocolat que son mari, Didier, attendait depuis une heure déjà.


A la même heure, au numéro 33 de la rue des Lices, dans l’entrebaillement d’une porte, un chat noir pointait le bout de son nez et s’apprêtait à se faire verbaliser par un agent de police, pour ne pas avoir sur lui l’autorisation de sortir avec son maitre.


Au même instant, dans un hôpital, l’homme que j’aime, médecin anesthésiste de son état, endormait une primipare : Mme Poulain qui allait donner naissance à une petite Amélie dans un monde d’apocalypse.


Toujours à la même heure tandis que le vent s’engouffrait sous un porche, un couple s’embrassait à perdre haleine en se foutant du coronavirus pendant que juste au-dessus, au premier étage un homme seul, en pyjama, tournait les pages d’un album photos en souriant.


Quelques secondes plus tard, l’employé des postes éternuait dans son coude. Un minuscule virus s’échappait pourtant et s’envolait, léger et gracieux, pour atterrir un mètre cinquante plus loin sur une surface lisse sur laquelle il allait vivre quelques heures avant de finir sa courte vie sous un jet de soluté hydroalcoolique.


A des milliers de kilomètres de là, un chinois se faisait une raie sur le côté droit pour introduire dans sa physionomie un petit changement après 45 jours d’enfermement forcé…


Et c’est alors que je me mis à penser que la vie est drôle. Que le temps qui passe si vite parfois, n’en finit aussi pas de se trainer et puis comme ça du jour au lendemain le printemps est là et quand nous sortirons ce sera le presqu’été…


Alors vous me suivez ?
Hop c’est parti : là c’est le salon, le canapé est jaune parce que mon fils m’a dit que c’est tendance dans la déco, ça c’est une Lulu de Titou Vergier et la tête d’éléphant dans le mur un cadeau de Séverine, ma belle fille… Attention, hop on passe à la cuisine, ça c’est la pile de livres de cuisine et là le Thermomix juste à côté . Oh Matteo n’a pas fait la vaisselle, ne regardez pas! Ah ! On arrive à ma chambre, quatre parfums différents sur la coiffeuse ? C’est pas un peu beaucoup pour une seule femme? Là c’est la bibliothèque, 1500 livres et encore… Vous en voulez un ? Prenez le ! Là c’est la salle de bain, ça sent bon le savon non? Et le lait pour le corps ? Hummm, vous sentez ? Les serviettes sont douces, les bleues sont celles de Matteo et les roses les miennes. Attention à la marche ! Là dehors, de la terrasse on voit le voisin qui regarde un chien qui regarde sa maitresse, une très jolie blonde qui porte un masque sur le nez. Tiens, il n’y a pas de voiture dans la rue, penchez-vous un peu ! Voilà on a presque fait le tour…Oh déjà midi!


Je vous laisse ici
Aurevoir, à bientôt !

Et pour commander mon livre Voyage en Ménopausamie, chroniques de la cinquantaine débridée, c’est par là : Dominique.mallie@orange.fr ou dans la partie  » message personnel  » du blog qui vous est dédiée . Merci !

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