Un peu de moi

On est tous des surfeurs !

Depuis quelques mois le temps semble ne plus se découper en mois, jours, mais en vagues : première, deuxième etc.… jusqu’à cette cinquième vague qu’on aborde.

Autrefois il fallait être surfeurs pour appréhender les vagues avec cette petite différence que les surfeurs les attendent… longtemps parfois.

Ce qu’il y a de bien en fait, c’est que là on ne les attend plus, elles déferlent avec une régularité de métronomes et nous submergent au travers des médias. On enquille les vagues sans aucune vague.

Aussi le temps se découpe-t’il tout autrement.

Pour la première vague, j’avais adopté un look très approximatif constitué de foulards noués sur la bouche, de javellisation de tout et n’importe quoi. Peu avant cette première vague, j’avais rencontré un médecin réanimateur qui a été englouti par elle. Voilà une histoire qui n’a pas fait long feu, même si pendant que la vague faisait son boulot submersif, nous échangions sur Skype çà et là mais vite fait le roulis aidant on en a eu assez avec un petit mal au cœur et le réanimateur a proprement disparu, en se grattant. (A l’époque on pensait que le virus provoquait des démangeaisons (entre autres)).

Bref.

Pendant la deuxième j’étais alitée pour d’autres raisons que le virus. La troisième c’était pendant les vacances, une petite vague ridicule, la quatrième je commençais à m’habituer à elle et au bazar qui allait avec, bon an mal an.

La cinquième, la voilà.

Tous les couples qui devaient se séparer l’ont fait lors des quatre premières, les boulots qu’on devait perdre, c’est fait aussi, les Visio on commence à être habitués, on a même gardé l’habitude du couvre-feu et ça tombe bien car il fait nuit. On nous mettrait un couvre-feu par là-dessus que ça ne nous torturerait pas plus que ça.

Je dégaine mon passe sanitaire plus souvent que ma carte bleue, même si hélas l’un ne dispense pas de l’autre.

Plus personne sur les réseaux sociaux ne comptent les morts, on entend tousser et même pas on se retourne suspicieux, on a mal au bras de toutes ces doses qu’on s’est laissé administrer.  Tout va bien. Plus personne ne s’engueule au sujet des vaccins, on est devenus plus tolérants. On s’emmerde en fait.

Tout de même c’est bête car on commençait tout juste à se refaire la bise et par les froids qui courent, la chaleur humaine on n’a rien inventé de mieux, on va donc se cogner à nouveau les moignons, avec un joli masque assorti à ses vêtements car depuis la mode, dans ce domaine, a progressé.

C’est pourtant juste qu’on s’habitue à tout.

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