De moi à vous

Parce que c’était lui, parce que c’était moi

Cette phrase du titre de cet article je l’ai empruntée à Montaigne et beaucoup la connaissent. Montaigne évoque son amitié avec Etienne de la Boétie. Il dit par là cette évidence de la construction amicale.


On distingue l’ami(e) des connaissances qui, elles, ne font que traverser notre vie sans qu’il y ait cette réciprocité. Vous pouvez interagir avec de nombreuses personnes en une journée, être gentil et compatissant parce que vous êtes une personne chaleureuse et attentionnée. Vous posez ainsi les bases d’une amitié, mais tant que vous et une autre personne n’investissez pas dans l’établissement de cette amitié, vous serez juste des connaissances.

L’amitié commence avec la réciprocité, mais pour fleurir réellement, elle demande de la loyauté, de l’empathie, de l’honnêteté, de l’attention, de la connexion et de croire en l’autre.
La réciprocité est le point de départ, mais il en faut plus pour durer.

Pour élargir son cercle d’amis, il faut prendre le risque initial et faire le premier pas. Bien que l’amitié soit bien plus qu’un échange de transactions, les liens construits autour du partage du temps, des ressources et de la présence s’approfondissent avec le temps, créant de belles relations.


L’amitié est ainsi un long chemin.


Dans cette période difficile de ma vie que je vis aujourd’hui, je peux ainsi mesurer qui sont mes amis. Ceux sur lesquels je peux compter, qui me tendront la main et garderont la mienne, ceux avec lesquels je peux m’épancher sans être jugée, dire mes souffrances et mes joies, m’ouvrir sans peur, ceux qui vont m’aider, me soutenir et pour lesquels je serai là quand ils en auront le désir et le besoin.


L’amitié pour ma part, je l’ai découverte étudiante puis elle s’est diluée dans les déménagements, les amours complexes qui mobilisaient toute mon attention et mon énergie, le travail et l’éducation des enfants, pour resurgir à un moment de ma vie plus apaisé où je n’ai plus rien à prouver à qui que ce soit, où je connais mes limites, le champ de mes possibles, mes qualités, mes forces et mes faiblesses.


Je retrouve à mon âge le plaisir d’avoir des amis. Peu, le grand nombre n’importe pas et même si ils étaient nombreux, cela tendrait à montrer que je me trompe,que je confonds amitié et connaissance.


Pour la plupart d’entre nous, l’amitié évoque des sentiments joyeux et conviviaux. Avoir des amis, c’est ne pas être seul, c’est avoir des échanges complices, partager souvenirs et projets, compter les uns sur les autres ­ toutes choses qui aident à traverser les difficultés de la vie plutôt que les alourdir.

L’amitié, la vraie, ne peut se réduire pourtant à cette entente bienveillante, qui caractérise également ­ et peut-être mieux ­ la camaraderie. Si la majorité d’entre nous, selon les enquêtes psycho-sociologiques, dit avoir « entre trois et quatre amis intimes » , c’est que l’amitié implique des affinités très électives. Comme l’amour, elle repose sur un choix d’objet qui ne doit pas grand-chose au hasard dont les ressorts, la plupart du temps, échappent à notre conscience mais le temps qui affaiblit l’amour fortifie à contrario l’amitié …

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