De moi à vous

Quand nos grands auteurs de littérature racontent le confinement ….

Imaginons s’ils étaient là tous de Rabelais à Duras ou Houellebecq que nous diraient-ils du confinement ?

Rabelais conseille : par longue et curieuse experience ai inventé un moyen de se torcher le cul, le plus seigneurial, le plus excellent, le plus expedient que jamais feut veu : se le laver.


Ronsard met en scène un vieillard confiné avec une mignonne qui la supplie, tout le jour durant, de lui montrer sa rose pour qu’il la cueille ( ET l’accueille )


La Fontaine imagine deux amis : Une mouche et une sauterelle confinées dans un trou de souris. La mouche a attaché la souris pour qu’elle ne sorte pas mais elle a oublié que les souris sont des rongeurs . Morale : les mouches ne sont pas toujours fines.


Mme de Sévigné écrit des lettres à sa fille pour lui raconter le confinement à la cour.


Voltaire évoque un paysan qui met ce temps de l’enfermement à profit pour cultiver son jardin


Rousseau : son personnage, faute de pouvoir herboriser, se confesse à longueur de journées.


Diderot met en scène un personnage qui assure que tout ce qui nous arrive ici-bas de bien et de mal est écrit là-haut


Balzac raconte avec beaucoup de détails la fabrication d’un canapé sur lequel des bourgeois sont assis


Flaubert imagine une femme seule dans un appartement qui cherche Désespérément un amant non porteur du corona sur les petites annonces d’un site pendant que son mari visite des malades


Hugo raconte la vie d’un S.D.F atteint du coronavirus et contraint de dormir dans la rue au milieu d’immondices.


Zola narre avec force détails la vie d’un livreur du supermarché U qu’on oblige à travailler sans masque


Proust : Un homme confiné dort sur un canapé vert amande et voit s’enrouler autour de lui le fil des années passées : la maison de campagne et l’odeur de l’herbe fraichement coupée, le son de l’angélus le soir quand maman venait l’embrasser et même le parfum des roses qui, quand le soir tombait exhalait cette fragrance que plus jamais il n’oublierait et qui tout à la fois le ramenait à ce moment précieux de l’enfance et à cette souffrance de ne voir maman que à l’heure de l’angélus, la porte qui se refermait et avec elle, le souvenir de maman, son parfum, la douceur de ses lèvres contre sa peau, ce parfum qui berçait ses rêves à venir juste avant que le sommeil enfin ne le gagne.


Annie Ernaux : une femme attend près du téléphone que son amant marié la prévienne de son arrivée et espère qu’il aura une attestation de déplacement mais avec quel motif ?


Sagan campe un personnage qui se morfond dans sa confinitude sur ce sentiment inconnu d’ennui, et de douceur qui l’obsède et hésite à dire qu’elle s’emmerde pour au final lui apposer le nom, le beau nom grave de tristesse.


Beckett installe deux personnages dans un appartement qui attendent quelqu’un autour d’une plante qui fut verte.


Ionesco : son personnage confiné a des hallucinations dans son H.L.M et croit entendre un rhinocéros chez les voisins et d’ailleurs il voit de la poussière.


Duras : Deux personnages font l’amour, à longueur de journée, confinés dans une garçonnière de Cholon. Elle, elle ne le regarde pas au visage. Elle ne le regarde pas tout court. Elle le touche. Elle touche la douceur du sexe, de la peau, elle caresse la couleur dorée, l’inconnue nouveauté. Il gémit, il pleure. Il est dans un amour abominable.


Simone De Beauvoir : Son héroïne crée un site durant le confinement pour que les droits des femmes ne soient pas remis en cause à la faveur de la crise sanitaire et économique traversée et rappelle que ces droits ne sont jamais acquis et que toujours il faut rester vigilantes encore plus dans cette période où les liens sociaux s’amenuisent.


Maupassant : Son héros confiné devient fou et met le feu à tout le quartier.


Giraudoux : Une héroïne adolescente refuse de se plier aux directives imposées par le gouvernement et s’obstine à se déconfiner toutes les nuits pour aller nourrir les pigeons.


Houellebecq : Un écrivain se confine avec son chien et écrit un livre d’hommage à l’humanité et à ses derniers représentants qui vont s’éteindre.


Boris Vian : Un jeune couple est confiné dans un apparthotel d’Antibes dont le plafond s’abaisse lentement pendant que s’écoulent du robinet de la salle de bain des serpents à sonnette et que Chloé regarde pousser son nénuphar.


Boris Vian toujours, décidément très en forme, confiné dans une chambre de bonne parisienne au décor approximatif, jette ces mots sur le papier blanc :
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux

Dominique Mallié

( Tableau de Claire Tabouret)

Et pour commander mon livre Voyage en Ménopausamie, chroniques de la cinquantaine débridée, c’est par là : Mallie.dominique@orange.fr ou dans partie  » message personnel  » du blog qui vous est dédiée . Merci !

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