De moi à vous

Quand notre rapport au temps change…

Nous sommes aujourd’hui tous dans un rapport au temps modifié d’autant que ce temps nous est imposé.

Cela me donne envie de parler de ce rapport au temps…


Et si nous profitions de cette longue pause dans notre vie pour repenser ce rapport ?
Le temps se mesure, se planifie, s’organise au travers du travail, des horaires d’école, des repas, des heures de coucher, des réunions, des moments festifs. Voilà pour notre  » emploi du temps « , celui que nous nous construisons jour après jour, dans lequel nous  » volons  » parfois des instants qui sont d’autant plus délicieux qu’ils sonnent comme autant de concessions que nous faisons aux obligations.


Ce temps individuel imposé par le travail, les obligations aux autres, voilà qu’il s’est désagrégé dans cette période de mise en retrait que nous vivons.


Mise en retrait du temps obligatoire mais aussi de la vie sociale, cloitrés dans nos lieux de vie qui étaient jusqu’ici des lieux de passage, de repas, de moments calmes du soir souvent, des fins de semaines.


Doublement confinés donc car à la fois dans ce qui est ressenti comme un  » rien  » et de plus dans un lieu plus ou moins clos.


Ainsi au début du confinement avons-nous cherché à restructurer le temps de la vacuité des journées pour retrouver une sorte d » emploi du temps « , recréer des obligations comme autant de garde-fous.
Comme si, et là aussi le mot est intéressant, laisser nos journées se dérouler dans un lâcher-prise quant au temps revenait à devenir  » fous « .
Comme si finalement, nous ne pouvions avoir d’existence que prisonniers d’une série d’obligations qui rythment nos journées, que nous avons créées, auxquelles nous nous sommes contraints. Le télé-travail dans ce sens constituant une bouée autour de laquelle peut nager le reste du temps.


Je pense à Gaston Bachelard alors qui revient sur ces rythmes temporels et se veut être un penseur du repos, d’une certaine sagesse qui a à cœur de respecter les grands rythmes de la vie dans le temps qui est accordé à chaque individu et de nous extraire, grands planificateurs que nous sommes aux rythmes imposés.
Enlever des journées tout ce qui était planifié c’est retrouver le rythme du corps, se restaurer quand on a faim, dormir quand on a sommeil et s’adonner à tout ce qui procure du plaisir.


Ces moments là qui sont nôtres pour quelque temps encore avant que ne reprennent les obligations devraient nous permettre de nous recharger, de penser seuls avec nous-mêmes, d’échanger avec ceux qui nous entourent au plus près et que trop souvent on ne fait qu’apercevoir ou croiser.


Alors oui, nous sommes déroutés par cette  » vacance « et nous nous accrochons aux nouvelles du monde, alarmistes, terrifiantes… partageons sur les réseaux sociaux nos angoisses au lieu de chercher en nous la paix, au lieu de mettre à profit ce temps pour donner à notre imaginaire toute la place, à notre créativité, dans le respect des consignes données.

Chacun dans son coin, dans ce  » rien  » qui est encore quelque chose si on suit son étymologie, oeuvrons, à notre manière, pour que, lorsque la vie extérieure reprendra son cours, ce  » quelque chose  » nous ait un peu changés, ait fait de nous des êtres plus au fait de ce rapport au temps qui trop souvent nous dévore.

Et pour commander mon livre Voyage en Ménopausamie, chroniques de la cinquantaine débridée, c’est par là : Mallie.dominique@orange.fr ou dans la partie  » message personnel  » du blog qui vous est dédiée . Merci !

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