De moi à vous

Se parler …

                                           

Depuis que j’ai un chien, j’ai remarqué que spontanément les chiens traversent la rue pour venir se sentir le museau et autre alors que les maitres, là au bout de la laisse ne se disent même pas bonjour. Je me fais donc depuis ce constat, une sorte de devoir d’engager la conversation avec les maitres ou maitresses de tous les chiens vers lesquels Loulou va.

Depuis cette décision, mon temps de courses s’est considérablement allongé.

De quoi parle-t’on ? Au début de nos animaux et puis très vite d’autres choses : du temps, de la rentrée, de cet été où il a fait si chaud … Rien de palpitant mais parfois tout de même çà et là un mot est glissé, une phrase et on perçoit quelque chose de plus chez la personne en face, un peu d’intimité qui se découvre pour qui est attentif.

Je le suis. Je suis toujours attentive lorsqu’on me parle.

Tchatcher, jacasser, papoter, causer, qu’importe l’origine pourvu qu’il y ait le verbe, cet amour des mots qui s’enlacent, des histoires qui se transmettent, des vies qui décident qu’elles ont un bout de chemin à faire ensemble. L’enjeu est peut-être plus profond qu’on ne l’imagine, car commencer une conversation avec quelqu’un, même un inconnu, même un bref échange dans une file d’attente ou sur un quai de métro, c’est afficher une espérance, c’est considérer que ces quelques phrases auront plus de sens que nos silences ou que nos yeux rivés sur notre téléphone

Converser, c’est penser que l’autre a encore à nous dire, que du dialogue peut naître l’extraordinaire, et que le langage a la capacité de faire émerger une nouveauté, une réflexion, une anecdote, un secret, un rire, une information, un conseil, un éclat de poésie.

Dans l’intimité comme dans la rue, discuter, c’est avoir encore de l’amour pour ce curieux monde, ne pas le condamner tout de suite, mais le laisser suspendu à la sublime aventure que sont nos bavardages.

Bons bavardages à vous !

%d blogueurs aiment cette page :