Un peu de moi

Sentir glisser le manteau de l’enfance

Que reste-t’il de l’enfance, de l’adolescence dans ce qui nous constitue aujourd’hui ? Quels sensations, souvenirs, sont encore là en nous et ne demandent qu’à resurgir ?
On fait un exercice d’écriture ? Vous participez, une fois n’est pas coutume ? Comme un cadeau que vous me feriez, que vous nous feriez à nous ?


Le goût de la nature, le plaisir du vent et des cheveux dans les yeux que ma mère écartait de sa main  » tu ne vois rien, va attacher tes cheveux « , les choses simples de la vie, le goût du silence, le plaisir de la lecture, de s’enfoncer dans une lecture jusqu’à oublier le monde autour, une rigidité quant aux horaires des repas, l’ odeur du café qui montait dans la cafetière italienne et le bruit avec, les sucres qu’on coupait en deux, le lait qui débordait, l’odeur du foin, de l’herbe mouillée, le plaisir des balades en voiture juste pour voir le paysage défiler, les habits du dimanche et ceux de la semaine, les repas du dimanche et les gâteaux du dessert alors, un fond de verre de chianti toujours le dimanche, l’odeur de lavande des eaux de toilette de mon père, les  » tiens toi droite  » de mon père qui me font encore me redresser de temps à autre, les fou-rires avec ma mère pour un oui ou un non, la nécessité des longues nuits et leur absence qui me fait stresser aujourd’hui que je suis devenue insomniaque, les copines du collège et du lycée à l’époque baba-cool, celles des tresses et des jeans brodés par soi, les pulls over over size de mon père que je mettais pour aller au lycée, les rares vacances au bord de la mer où jamais on n’allait au restaurant, on regardait les autres et on mangeait une glace comme dans la chanson et déjà c’était beaucoup, les baby foot et les cafés ingurgités entre les cours, les premières cigarettes dont mon père arrivait à percevoir l’odeur malgré le patchouli et les chewing gum et qui le mettaient en rage, les fruits mangés sur l’arbre : des cerises surtout, les légumes ramassés dans le jardin pour la soupe du soir et dont il fallait avant de les faire cuire, gratter la terre, les bises de parents quand je partais en colo puis en camps d’ado, autrement jamais d’embrassades, jamais de mots doux, c’était comme ça et on n’y pensait même pas, les cadeaux de Noël qui restaient bien secrets jusqu’au 25 au matin, des livres le plus souvent ou des robes, la jolie silhouette de ma mère dans les robes qu’elle se faisait elle-même, les gilets qu’elle me tricotait et que je mettais sans broncher, les chiens, les chats, les poules, les faisans, les escargots qui bavaient dans des caisses et faisaient de longs filets de merde verte, leur goût après avec l’ail, les mobylettes qui me faisaient envie quand je n’avais droit qu’au mini-vélo, puis après à la 2CV quand enfin j’ai eu le permis après tant de tentatives avortées et mon père qui me serinait que je n’y arriverai jamais, que j’avais trop d’imagination pour réussir le code, le premier amoureux embrassé et qui s’appelait Jacques Coeur ( nom prédestiné, existe-t’il encore celui que j’évoque à l’imparfait ?), les repas de familles avec les enfants à part et les blagues des grands auxquelles je ne comprenais rien et celles qui me faisaient tendre l’oreille parce qu’il y avait là des secrets, des bêtises qui n’étaient pas pour les enfants, la première fois où j’ai touché le sol, assise sur ma chaise et je me suis dit que ça y est j’étais grande, le premier verni à ongles (transparent) que mon père m’a fait enlever aussi sec, sans dissolvant et il a fallu gratter, gratter comme pour la terre des légumes… les baskets ringardes que ma mère m’achetait au super marché alors que je ne rêvais que de marques que portaient certaines des filles plus fortunées, les trois copines de la classe qui étaient parties toutes seules au Pérou pendant l’été et ça nous faisait baver, comme les escargots, mais d’envie, de jalousie, la Confirmation, la Communion solennelle et les messes où il fallait aller, le caté aussi le jeudi avec le curé qui reluquait nos seins, le samedi après-midi devant la télé parce qu’il y avait une suite ininterrompue de feuilletons ( comme on appelait  » les séries » avant), le badmington avec la voisine de mon âge les soirs d’été, pas de piscine, on suait, on riait, c’était sur la route devant chez mes parents car il y avait peu de voitures. Les voitures justement et la D.S de mon père dont il fallait attendre qu’elle monte quand il mettait le contact, les longs trajets pour aller chez ma grand-mère, allongée sur la banquette, sans ceinture bien sûr et avec des nausées non stop, les questions de ma grand-mère sur les garçons, les études, les recommandations  » travaille bien à l’école, il faut que tu sois indépendante « ….

Tout ça et tant d’autres choses qui ne rendent pas nostalgique, qui glissent en soi et sur soi : le manteau de l’enfance …


Et vous, quels sont vos souvenirs d’enfance et d’adolescence, tout en vrac ?

14 commentaires

  • Dominique

    Merci à toutes et tous pour vos textes touchants, pour ces souvenirs si évocateurs, ces moments d’intimité, ces joies, ces bonheurs, ces désillusions et ces tristesses ; Merci d’avoir joué le jeu, d’avoir cherché en vous ces émotions si diverses, si belles et douces à lire ; Merci pour ce que vous nous avez donné à voir, pour les odeurs, les paysages, les ambiances, les goûts, les petits riens et les grandes choses, les liens ; Merci… vous donnez à ce blog tout son sens .
    Dominique .

  • Archiserge

    Dominique bonjour, nous nous sommes croisés à plusieurs reprises quand tu habitais Grenoble, que tu étais mariée avec un architecte de mes amis. J’aime la femme que tu es, voilà, des années plus tard, c’est dit, trop longtemps tu sans doute. Mais ce n’est pas le sujet.
    Le sujet est l’enfance, ses souvenirs, cette trace qu’elle a laissé en nous
    Mon enfance était à Uriage, que tu connais, dans la banlieue de Grenoble, une enfance dorée, pleine de fantaisie. J’avais une mère, et j’ai toujours d’ailleurs exubérante et un peu folle qui savait faire de chaque jour une fête, que la routine terrassait ; un père beaucoup plus terre à terre, heureusement d’ailleurs, la complémentarité même ce couple.
    Nous étions trois, tous nés la même année, en effet ma mère avait eu des jumeaux, mon frère et moi, et dix mois plus tard naissait ma soeur. On appelait ça alors le retour de couche, fatidique pour elle et qui l’a vaccinée à jamais des enfants.
    Il n’empêche que j’ai le souvenir des deux jours en couleurs qu’elle avait décidés pour la semaine : Le Lundi et le jeudi qui pouvaient être jaunes par exemple, et tout dans la maison devenait jaune : des fleurs bien sûr, mais aussi l’ensemble des repas, ce qui était un casse-tête pour elle j’imagine, mais cela nous amusait beaucoup. Elle adorait nous faire des surprises, la vie quand j’étais enfant ressemblait à une fête continue.
    Tous les six mois nous changions de chambre avec mes frères et soeurs. Ainsi l’avait décrété ma mère et nous aimions ça, ce turn over, qui faisait que nos copains d’école quand nous racontions notre vie nous regardaient avec des yeux ronds et nous pensaient un peu fous peut être. Enfant, j’allais dans une école Montessori, c’était un privilège que je mesure aujourd’hui et qui m’a donné très tôt tout comme à mon frère et ma soeur une liberté d’être, de m’affirmer, de revendiquer même mes différences . Tout cela je le vis aujourd’hui dans ma vie d’homme.
    Nous avions trois chats, toujours avec cette manie de la répétition que ma mère avait : Riri, Fifi et Loulou. Loulou a terminé écrasé sur une route devant la maison par une petite dame qui avait dépassé l’âge de conduire et qui pleurait tant que son chagrin devenait supérieur au nôtre. Maman l’avait invitée à l’enterrement : une cérémonie au fond du jardin qu’elle avait organisée, un poème de Baudelaire qu’elle avait lu, chacun avait dit son mot.
    Minet a succédé à Loulou.
    Les vacances nous ne partions pas. Mes parents ne roulaient pas sur l’or mais en revanche en décapotable : un modèle ancien dont j’ai oublié le nom que mon père a fini par donner à la casse après qu’elle ait battue tous les records de longévité. Nous faisions des balades en famille l’été, dans les montagnes alentours, nos parents nous autorisaient à inviter des amis.
    C’était une enfance pleine de rires, douloureuse bien sûr parfois mais ce ne sont pas les souvenirs douloureux que j’ai gardés. J’ai eu ce privilège je crois d’avoir une mère un peu folle qui savait nous entrainer dans cette folie toujours pleine de créativité.
    C’est sans doute pour cela que je suis devenu architecte. J’ai le goût de la construction, j’aime faire se gondoler les matériaux durs, l’illusion de la légèreté….

  • Catherine of Marseille

    Mon enfance dans une banlieue du sud de l’Essonne est un ensemble de souvenirs d’ennui, mes parents n’étaient pas très sociables, mais aussi de rêveries, merci à la bibliothèque de ma ville de m’avoir permis de dévorer les livres, et ainsi m’ouvrir à d’autres horizons. J’avais un frère de 6 ans plus jeune que moi dont je ne partageais pas les jeux, mais j’avais beaucoup de copines avec qui je jouais dans mon voisinage. Tant que je restais près de la maison, j’étais libre. Pas de problème d’insécurité dans ce lotissement nouvellement construit dans les années 60 pour les babyboomers nouveaux propriétaires, au milieu des champs de betteraves. Les écoles se construisaient à la va vite et je me retrouvais en classe avec les enfants d’immigrés du bidonville d’à côté, sans frontières ou barrières sociales dans la classe. J’ai aussi le souvenir de scotch sur la bouche pour m’empêcher de parler avec mes voisines de table, oui j’étais déjà très sociable. A postériori je peux dire que nos mères étaient toutes des desperate housewives, avant la série. Ma mère parisienne jusqu’au bout des ongles a atterri dans cette banlieue sans boutiques et lieux culturels, le dimanche nous allions voir ma grand-mère de Paris 14e ou les « Nous deux » et plein de romans photo m’attendaient que je dévorais.
    Les grandes vacances se passaient en Charente à la campagne où je retrouvais mes cousins et cousines, nous étions au total 15. C’était toujours joyeux et festifs, ma grand-mère savait organiser de grandes tablées avec plats à profusion et histoires racontées et bien arrosées. En grandissant, j’investissais l’épicerie de Cousine Jeannine où je pouvais aider à servir les clientes et rendre la monnaie. C’était le contraste des rats des villes et rats des champs, mais j’étais très à l’aise, car j’adorais mes grand-mères, oncles et tantes. Tout le monde était accueillant. Puis mes parents qui réussissaient bien et nous donnait ce confort matériel avec fierté, ont acheté la maison secondaire dans le village de ma grand-mère. Papa roi de la bricole a retapé la maison tous les étés pour une éventuelle retraite … Maman faisait mes vêtements, tout était fait maison, elle avait même investi dans une machine à tricoter et réalisait et vendait via le bouche à oreille ses productions, c’était le fameux « beurre dans les épinards ». J’ai continué à grandir sous la haute vigilance et surveillance de mes 2 parents, mes vacances en Charente et à Paris étaient mes échappatoires. La banlieue n’avait rien de sexy dans les années 60.
    Puis mon père a été envoyé pendant un an à l’usine américaine de son entreprise, avec femme et enfants. Soudain une fenêtre s’est ouverte, une année aux USA, école américaine le matin, école française l’après midi pour préparer le bac, un boy-friend pour apprendre l’anglais, un grand vent dans les neurones de la famille. Au retour dans la banlieue, Je me suis échappée à 19 ans quand ma grand-mère m’a laissé son logement de la loi 48. Un grand vent de liberté a continué à souffler avec mon indépendance financière et les 30 kms qui m’ont séparée de cette ville sans âme.
    La vie d’adulte pouvait commencer …

  • Alexandre

    Quand j’étais jeune adolescent je pensais que mes parents n’étaient pas mes vrais parents, j’avais un peu honte de ça, mais j’aimais cette idée qu’un jour mes vrais parents viendraient me réclamer, comme un dû à ceux qui m’élevaient.
    Cette sorte de marginalité, par le fait d’être en marge de ce que je vivais, je l’ai retrouvée parfois, par la suite, avec mes compagnes ou mes femmes puisque j’ai été marié trois fois. La troisième a l’air d’être la bonne, je vis avec plaisir l’idée de devenir un vieil homme près d’elle.
    Mes parents étaient avocats tous les deux. Les repas s’inscrivaient dans la suite logique de leur journée de travail et faisaient surgir au milieu de nous des voleurs, des criminels sans même qu’ils se soucient de ma présence. Ils avaient pour moi de l’ambition. J’étais leur fils unique, je serai avocat comme eux.
    A l’adolescence, j’ai pris la tangente, je sortais beaucoup, j’avais des amis peu fréquentables, je ne pensais qu’aux filles. Elles se succédaient à la maison et j’ai même le souvenir d’une fois où ma mère avait fait irruption dans la chambre alors que nous étions en plein ébat, d’avoir alors entendu mon prénom, d’avoir répondu  » oui maman  » et puis la porte s’est refermée. Après il n’en a pas été question. Ma mère avait compris que j’étais devenu un homme ou du moins que j’avais du désir, que son fils chéri avait enfin coupé le cordon.
    Nos vacances étaient à Deauville chez mes grands parents, je les adorais, ils me laissaient libre comme l’air, je passais mes soirées à jouer de la guitare ( mal) sur la plage et cela me valait d’attirer toutes les filles. J’avais les cheveux longs, la dégaine hippie, je me vivais comme un romantique, à l’image de Chateaubriand sur son rocher, je jugeais le monde de haut. Les adultes étaient tous des cons et j’allais pourtant bientôt en devenir un.
    Pas d’animaux à la maison ou juste un poisson rouge qui finit par agoniser dans les toilettes un après-midi de printemps après avoir tourné en rond dans son bocal, s’être mis sur le dos comme pour faire la planche et c’est là que mon père, dans une crise d’autoritarisme devant mon absolue et définitive tristesse avait décidé de l’envoyer dans les égouts.
    Comme d’autres sont dégoutés à jamais de la viande, cela me vaut de ne pouvoir avaler tout ce qui vient de l’eau, de la mer, traumatisé à jamais, respirant devant chaque daurade, truite ou autre une odeur de saleté, de pourriture.
    Mon grand-père avait un vieux vélo sans frein, ni vitesses d’ailleurs et je faisais du  » sans main  » à toute allure sur les bords de mer, me ratatinais parfois dans les buissons mais j’étais heureux. Ivre d’une liberté qui m’était offerte là et qui était si loin de ma vie parisienne chez mon paternel.
    J’ai fait des études de droit, je suis devenu un juriste sans conviction. Je fais partie de ces générations qui ont sacrifié sur l’autel des études leur désir profond de marginalité. Je suis rentré dans le moule passé la trentaine, j’en sors parfois quand je me retrouve seul dans la nature ou quand je suis avec mes enfants grands à présent. Je privilégie avec eux ce que je n’ai pas eu enfant ni ado, un rapport de plaisir, de déconnades et il nous arrive de partir faire du camping sauvage dans les pays du Nord, de passer des we dans des lieux improbables, de veiller jusqu’au bout de la nuit. C’est à travers cette relation que j’ai avec eux, j’ai 4 enfants, que j’ai découvert la richesse de l’enfance et de l’adolescence, je leur donne ce que je n’ai pas eu : un père aimant et proche.

  • Aurélia Wlk

    Ne pas faire de bruit , être sage et tranquille : Pour ne pas réveiller la petite sœur qui vient de naître … J ai deux ans à peine , je tends les bras vers maman mais le bébé est déjà dans ses bras , je vais devoir apprendre à patienter , attendre mon tour , l exclusivité je ne l aurai jamais mais je vais la donner à ma fille … Unique , elle .
    Après je vais apprendre à prendre soin de ma petite sœur et à partager : tout partager … Ma sœur et moi dormons dans la même chambre , des petites confidences aux grandes disputes , nous ferons tout ensemble jusqu à l overdose : devenue adulte , je nourri un goût inouï pour la solitude sur mon territoire … Je ne supporte pas les invasions …surtout masculines (mais ça c est une autre histoire ) . J habite une très ancienne maison de maître ou ma fille et moi avons chacune nos espaces dédiés (……mais j adore quand Romane me dit  » je t invite dans ma chambre maman ce soir  » .)
    De la même manière , je ne supporte pas que le mari de ma petite sœur m’ appelle pour me dire d essayer de  » la recadrer  » à rentrer dans le moule de la bonne parfaite petite épouse , je la défends toujours , je l encourage à ne pas se laisser marcher dessus par le géniteur de ses enfants ………et pire : je me suis auto proclamée son alibi pour tout ce qu elle voudrait faire .

    J ai fait des études de droit évidemment , conditionnée depuis l enfance à  » prendre soin de  » et à m insurger pour la liberté : le droit de lire dans son lit même après 22h quitte à se faire pincer par maman qui trouve inadmissible de s user les yeux à ce point ..le droit de lire ce que je veux aussi :j ai 15 ans , j adore Sagan ,chateaubriand et modiano  » littérature de petit bourgeois » dira papa , pourtant prof hein …. Il va m’obliger à lire Germinal : je trouve ça laid … Oui laid et ennuyant … Pourtant je suis née entre deux terrils dans le pas de calais et j adore ma région … Mais pas Germinal …j ai échappé non sans mal au Pavillon des cancéreux de Soljenitsyne par je ne sais quel miracle d’argumentation ……

    Après j ai milité pour Le droit d aller et venir quitte à se faire pincer par papa pour avoir encore fait le mur !!!
    Ensuite , Le droit inaliénable d être en sécurité en tant que femme : traumatisée par des vacances chez mes grands parents ou j ai vu mon grand père frapper ma grand mère parce qu elle ne s était pas débarrassée des chatons que la chatte avait encore ramené … Faut dire qu a la campagne on ne stérilisait pas les chattes …. On préfère assassiner les chatons en les claquant sur un mur … Le sang sur les murs ….. Adulte et indépendante , j ai ouvert ma maison à tous les chats errants qui ont voulu rentrer , mes chats sont stérilisés …et sont les gardiens de ma bibliothèque … Et j ai appris à me méfier des hommes aussi : en tous cas je n ai plus adressé la parole à mon grand père .
    J ai le souvenir tendre du doigt de ma mère qui efface une larme sur ma joue le jour ou j ai compris que les petits de la lapine ,ceux que j adorais dorloter , caresser … Finissaient dans mon assiette chez papy quelques mois plus tard … j ai un rapport compliqué avec la viande depuis …. Maman a toujours fait deux sortes de repas après cet épisode : viande et végétarien …..

    Maman , maman très coquette que j ai vu coudre ses propres robes : elle achetait la revue  » burda » et dedans il y avait plein de patrons et de gabarits pour guider à tailler le tissus …. J en garde un goût pour les pièces uniques et les créations des petites mains ( pas forcément du griffé haute couture )….papa a ses heures perdues restaure des meubles anciens avec de la marquetterie : il me fait respirer l odeur du bois de rose , la ronce , le poirier …. Le chêne aussi , le merisier …. J en garde un goût infini pour le bois , les brocantes , les antiquaires …. Maman pose de la feuille d or sur des cadres anciens aussi . Elle m a appris à le faire ….. Ils m ont transmis le goût du beau … Même quand on a pas les moyens de se les acheter , on peut quand même à force de courage et d huile de coude jouir d une commode Louis XV ou mieux encore Louis XVI plus fin , plus délicat …..

    Et la mer …ah la mer : celle du Nord , déchaînée ou calme ( et absolument pas marron comme le prétend Dany boon ), avec ses grandes marées , le parfum des dunes : pas de Resto , on faisait pique nique au sable qui grinçait dans les dents . Petite je me disais que ça devait être chouette le Resto à la mer , plus vieille j ai revue ma copie : ça ne sent pas comme dans les dunes ……. Alors ce sandwich de maman au sable , c était le meilleur du monde ………

    Ce manteau c est aussi un patchwork , musées , musique , cinéma , ma première clope ..le château que mon père a construit à la gloire de ma mère , le sourire fier de mon père sur mon parcours universitaire, le sourire fier de ma mère sur celui de ma petite sœur , mon premier amour qui est devenu mon meilleur pote , le cimetière pour chiens qu on a fait dans le jardin avec ma frangine , ces promesses à la con qu on a tenu ou pas , ces manques , ces absences , ces bêtises , ces genoux égratignés a faire de l escalade derrière le camping , la première  » biture  » avec du mauvais alcool , la honte de ma mère , la consternation du père ….. Ces trains qu on a raté et c etait très bien , ces premiers rendez vous ou on baisse les yeux , timide et ces rendez vous maintenant ou on plante carrément ses yeux , rien à perdre , rien à gagner ….

    J ai 47 ans et je me rends compte que la femme que je suis devenue , elle est encore pleine de son enfance :de ses douceurs comme de ses douleurs ….. J entame ce long voyage dans le couloir de la menopausamie avec ce manteau de l enfance qui glisse comme tu l écris si bien …j ai la chance d avoir sous ce manteau une enfant de 18 ans très authentique , spontanée ,bruyante , libre et folle de Modiano ..et un petit garçon , mon extraordinaire filleul de huit ans . Ahhh j ai un amoureux aussi … Mais pas trop près … 😉

  • christine Z.Collin

    Que de jolis souvenirs ..Moi je me souviens d’une enfance un peu nomade ,mes parents déménageant beaucoup ,par goût ou par obligation ..A trois ans je parlais deux langues..et déja l’une par amour ,le néerlandais pour mon petit ami. .Nous allions nous marier ..Mes grands parents nous accueillaient pour les vacances..et on faisait ce qu’on voulait ..mais comme ainée il fallait aider..et inventer plein d’aventures ,notamment des courses automobiles ,dans un casse de voitures ,poursuites immobiles mais avec les clignoteurs qui fonctionnaient toujours ..des restrictions vécues par mes grands mères ,j’ai adoré jouer à la marchande avec des stocks constitués en vue d’une guerre atomique qui nous menaçait..Pour la découverte des livres..J’ai très vite voulu ,en plus des humanités ,gagner « ma »vie,ne dépendre de personne ..et curieusement toute ma vie ,j’ai déménagé ,contruit ou rénové de grnades maison voire petits castels ,eu des amoureux ou maris d’origine étrangère ,roulé avec les plus belles voitures et très voire trop trop vite ,aidé ma « famille » que je « dirige » encore dans mon entreprise où je joue à la marchande sur une grande échelle. .étrange la vie ..La petite anecdote ..Mon petit fils de 5 ans m’ a dit que son ex amoureuse était folle car elle voulait un bébé et le mariage ..C’est trop tôt je n’ai pas encore de métier ni de voiture et puis j’adopterai plus tard .Curieuse de voir où cela va le mener..

  • Sapiens

    Ce que je retiens de mon enfance est un profond ennui. Je me sentais à l’étroit dans le monde de ma famille. Etriqué en quelque sorte.

    L’ennui se matérialisait, par exemple, par le menu du dimanche midi, l’éternel gigot haricots verts précédé des roulés au jambon, leur macédoine de légumes et la mayonnaise maison. Il fallait consciencieusement ranger le couteau électrique dans son emballage d’origine
    Il y avait les habits et la vaisselle du dimanche : déjeuner dans la salle à manger plutôt que dans la cuisine. Quelquefois on allait au restaurant le dimanche midi parce que ma mère « n’avait pas envie de faire la cuisine » dixit.

    C’est certainement cet ennui ruminé, mâtiné d’une grande curiosité, qui a forgé cette envie de savoir et de connaître. J’ai rêvé d’avoir, et obtenu, un microscope pour voir ce qui était caché. Je me suis intéressé aux sciences pour comprendre le monde : pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
    J’ai senti le moment où mes parents ne pouvaient plus répondre à mes questions,

    J’ai longtemps regretté de voir en mon père un simple exécuteur des décisions de ma mère, conditionné par sa propre éducation, ne voyant pas son rôle autrement qu’en soutien inconditionnel de sa femme. Je me suis identifié à l’enfant de Folcoche pour me conforter dans le rôle de l’enfant malheureux.

    Moi aussi j’étais malade dans l’ID de mon père. Ma mère se parfumait avec « Arpège de Lanvin », et cette odeur en voiture déclenchait à coup sûr les vomissements routiers.

    J’ai oublié les discussions avec mon père décédé il y a 30 ans, les accords et les désaccords. Pourtant je sais qu’il m’a influencé, mais je ne sais plus dire comment. Ca reviendra peut-être un jour si je fais un effort de mémoire.

    J’ai eu la chance que mes parents me pourvoient bien en neurones, me permettant d’être bon élève à l’école, de faire de bonnes études.

    Et puis je suis parti au lycée en internat en seconde à 15 ans, dormant, jusqu’à 18 ans, dans des dortoirs de 40. Là où d’autres étaient malheureux à cause de cette promiscuité bruyante, j’ai découvert le bonheur que procure la rencontre avec les autres et plus généralement l’altérité.
    Les parties de tarot dans les douches, le ratafia caché dans les armoires, les réserves partagées à minuit passé quand le pion feint de dormir.
    Depuis, cette époque, je vis par, avec et pour les autres.
    C’est ma manière de donner et de recevoir de l’amour.

    Mais que je sache que ce n’est pas tout à fait vrai j’ai le sentiment d’avoir subi la vie jusqu’à 15 ans dans un monde qui m’est étranger aujourd’hui. J’ai occulté la préparation de ma vie future.

    Mais, tel le papillon qui sort de la chrysalide, je me suis épanoui au lycée grâce et avec les autres que j’ai choisis et qui m’accompagnent encore aujourd’hui.

  • Antoine Delmas

    Merci Dominique pour ce beau texte si plein de sensibilité, tu sais que pour le scientifique que je suis, c’est toujours difficile de mettre des mots sur les choses, et je ne te parle pas des phrases ! Mais néanmoins j’avais envie de participer , alors j’ai cherché dans les phrases des autres et j’ai trouvé cette jolie citation de Saint Exupéry :  » On est de son enfance comme on est d’un pays  » ..ça me correspond ..

  • CatherineD

    Chez nous les vacances étaient toujours au mois d’août. Mon père travaillait dans une grosse firme de pneumatiques qui fermait du 1er au 31 août, donc nous n’avions pas le choix.
    Papa préparait la voiture une semaine avant pour être sûr que la mécanique ne nous lâcherait pas en route, car nous partions tous les ans dans notre famille des Hauts de France, comme on dit maintenant, à Lille très exactement et Clermont-Ferrand/Lille c’est tout de même 640 kms, sans autoroute à l’époque et 11 h de route.
    Nous faisions toujours une halte à Paris chez ma tante un jour ou deux et en profitions pour visiter tel ou tel monument. J’adorais ça !
    Lorsque nous arrivions (enfin) chez ma grand mère je me sentais pousser des ailes. La tarte au sucre nous attendait et j’étais heureuse de retrouver mes cousins : Émilia, Jeanine, Jean-Luc qui adoraient m’entendre parler et prétendaient que j’avais l’accent du midi 😄
    J’ai toujours adoré ces vacances rythmées par les fêtes (Ducasses) les virées en Belgique pour voir les Gilles défiler, les journées à la mer : le Touquet, Fort Manon etc… et surtout les courses cyclistes 🚵‍♀️ où j’ai pu remettre le bouquet au vainqueur (j’avais alors 15 ans) et je n’étais pas peu fière !
    Ces vacances se sont terminées lorsque ma grand mère a disparu et ensuite ce fut le cap vers la Méditerranée, (j’avais alors 16 ans) où mes parents louaient tous les ans au même endroit (La seine sur Mer) une petite maison en bord de plage 🏖. C’était une autre vie, le temps des copains, les flirts et les chansons de joe Dassin !!!
    Mais je n’oublierai jamais mes vacances dans ce nord, où les gens bien que souvent pas très riches savaient s’amuser et vous ouvrir leur porte et leur cœur ❣
    Les gens du Nord
    Ont dans les yeux 👀
    Le soleil qu’ils n’ont pas dehors…….❤️❤️❤️❤️

  • Sophie

    Quel plaisir que de renouer avec l’écriture sur votre blog Dominique et de faire revenir toute cette enfance qui nous constitue. J’ai grandi vers Saint Etienne, c’était et c’est toujours une région un peu austère. Ma mère avait une épicerie dans un petit quartier et mon père son entreprise de travaux publiques. Tous les matins je me souviens avoir été réveillée par les agriculteurs du coin qui apportaient les fruits et les légumes, vers 5H. J’aimais ces bruits, entendre ma mère discuter les prix, puis disposer les cagettes sur l’étalage extérieur, les volets roulants qui se levaient vers 6H, le boulanger qui livrait les pains et les viennoiseries.
    Ma mère venait ensuite nous réveiller, mes soeurs et moi, pour nous préparer pour aller à l’école. On mangeait le pain tout chaud dans l’arrière de l’épicerie, silencieuses, de temps à autre ma mère venait nous voir entre deux clients matinaux et nous demandait de nous dépêcher, qu’on allait être en retard pour le bus qui passait vers 8h.
    On regagnait notre chambre et on faisait nos lits. Je dormais dans la même chambre que mes soeurs. C’était étroit mais chaleureux, on riait, on se prêtait nos fringues, on se disputait aussi souvent .
    Puis il fallait traverser l’épicerie pour sortir et attendre le bus sur la place du village.
    On avait un peu sommeil encore, souvent il pleuvait , c’est le souvenir que j’ai
    Après au lycée j’ai été interne à Saint-Etienne. C’était un avant goût de la liberté. Que des filles à l’internat et des chambres de 3; Des discussions à n’en plus finir le soir quand le surveillant avait éteint les lumières, des histoires d’amourettes, on gloussait, tout nous semblait possible, il y avait une vie à écrire.
    Je rentrais le vendredi soir après les cours. Le dimanche on ne partait pas, on restait au village, les copains, les copines, on se retrouvait en fin d’aprés-midi autour de la fontaine. Les garçons faisaient les malins, il y avait des couples. Moi je me disais que j’avais le temps, ils ne me faisaient pas envie ces couples. Je trouvais toutes ces histoires compliquées et je leur trouvais un air triste , comme accablés déjà par quelque chose de trop important pour eux.
    Tous les dimanches soir, c’était pot au feu à la maison et une sorte de gâteau au chocolat que ma mère fabriquait en empilant des biscuits petits beurre sur lesquels elle faisait couler du… chocolat;
    On préparait nos cartables pour le lendemain. De cette vie qui se répétait jour après jour, je garde de doux souvenirs, pas de nostalgie. On ne se posait pas trop de question, mes parents nous faisaient vivre en dehors de l’actualité, on regardait peu la télé, le monde ne nous parvenait que très épisodiquement, aux élections ou lorsque quelqu’un de célèbre mourait. En revanche ma mère adorait les actrices et il m’arrivait de m’asseoir sur ses genoux et de feuilleter avec elle les revues où s’étalait la vie des stars, Je demandais alors  » maman, tu crois que je serais aussi jolie quand je serais grande ?  » , oui bien sûr elle répondait en m’embrassant, davantage encore …. Elle sentait le mimosa, elle avait les mains douces et j’adorais me blottir dans son cou.
    Voilà, c’était ça que j’avais envie de partager avec vous …. 🙂

  • Henri

    Chez moi il n’y avait pas de salle de bains et ma grand mère me lavait dans une bassine …..dans une maison chauffée par la cuisinière qui fournissait à la fois le gratin dauphinois et l’eau chaude …il fallait prévoir l’hiver et appeler Dédé Mondanel ,le marchand de charbon …son rire à la Henri Salvador secouait la maison de façon spasmodique.
    Les vacances des voisins plus riches rythmaient nos étés et nous vivions leur départ par procuration.
    Blanche irait faire du cheval et je rêverais d’elle ,galopant dans des contrées boisées bordant le château familial…
    J’irai à la rivière chaussé de mes méduses en plastique qui laissaient paraître les coups de soleil pris dans l’eau ..ma Mer Méditerranée c’était la Durolle qui faisait tourner les rouets des couteliers.
    La revanche se ferait à la rentrée avec Molière et son avare qui nous vengeait .
    Le camion du Familistère klaxonnait et ma grand mère m’achetait mes premières tablettes de chocolat interdites par mes parents ..
    A la sortie de l’école on allait claquer,au flipper, l’argent des bouteilles déconsignées ,fauchées dans les bordures de parterres et enrichir les marchands de rêves qui stoppaient les nôtres à coup de tilt.
    Puis vint l’heure de la révolte mai 68 ,l’on découvrit une plage ou les allongés ne bronzaient pas….on en avait marre de la société de consommation…prélude à l’apparition des grandes surfaces qui tuèrent Germaine ,l’épicière du bout de la rue .
    Un inconnu israélien venu de Téhéran chantait Laisse moi t’aimer, grâce à la télé qui était arrivée à la maison…. les flics n’avaient plus peur de retourner à la circulation..on avait supprimé les cocottes minutes .
    Ma sœur toujours amoureuse n’arrêtait pas d’aller à la gare dire au revoir à ses fiancés .. Peter Holm chantait Monia…c’était la fin de l’été ..
    Henri

  • Eric

    Je ne saurais décrire les miens comme toi, ils sont pourtant bien présents, ils sont olfactifs, lumineux, culinaires, « amoureux », des frustrations parfois, des moments de chaleur intense quand il faisait encore froid, des couchers de soleil et des voyages sur les genoux de ma grand-mère, la voie lactée défilant dans les vitres de la voiture…

  • Eleonore

    L’enfance …elle est toujours là, on se penche parfois sur elle, on la reconnait dans un de nos gestes,une émotion, une peur .. celle des chiens qui était la mienne et qui me forçait à faire des détours en vélo pour éviter toutes les maisons où je savais qu’il y aurait des aboiements féroces et un chien qui allait courir tout le long de la haie en bavant, je faisais des zigzag, je serais tombée sûrement, le cousin avec qui je jouais beaucoup, nous avions créé notre cuisine dans la cave de la maison de mes parents. Farine, sucre, lait, nous mélangions tout dans des minuscules casseroles, nous étions mari et femme, je lui faisais à manger le soir quand il rentrait du boulot, il disait  » femme, tu as fait quoi aujourd’hui  » … on se prenait très au sérieux dans nos roles , parfois on s’embrassait sur la bouche en fermant les yeux quand on se couchait sur le banc du fond de la cave, notre chambre en fait…c’était la voix de maman qui nous cherchait qui nous ramenait à notre réalité d’enfants. Enfant, je ne savais pas marcher sans courir, sauter, j’étais très remuante. J’enchainais les roues dans le pré, le jeudi après midi, et j’appelais le regard de ma mère car sans lui mes acrobaties n’avaient pas de sens. Les confitures qu’évoquent Lili aussi, la grande bassine en métal qu’on me laissait comme elle, touiller jusqu’à avoir mal aux bras, les bonbons du dimanche après la messe, les lectures le soir dans mon lit pas tard car je n’avais pas de lampe de chevet, les peurs du soir aussi qui me faisaient inspecter le dessous du lit, l’intérieur du placard, le dessous de la commode, la tapisserie aux motifs psychédéliques de ma chambre quand j’étais ado, le s boums où je n’avais jamais le droit d’aller, le cartable lourd déjà que je portais enfant, l’odeur de l’encre dans les classes, de la craie sur les tableaux, les livres auxquels on tenait plus que tout, qu’on respectait, qu’on se passait d’année en année, les courses en ville une fois par mois avec ma mère et parfois elle m’achetait un vêtement, des chaussures avec une boucle … c’était simple et doux , pas idyllique bien sûr, mais si plein de tendresse

  • Lili

    L’enfance c’est drôle plus on s’en éloigne et plus la mémoire est vive et les souvenirs si clairs alors que c’est à peine si l’on se souvient de ce que l’on à fait il y a 6 mois !!!
    Mon enfance c’était deux mondes celui du temps passé avec mes parents, mon frère et ma soeur mais étant la petite dernière de la fratrie je n’ai que peu de souvenirs de jeux avec eux car nous avions beaucoup d’écart, et celui du temps avec la grand-mère. Mes parents c’était l’école, les copains que je retrouvais une dernière fois, la journee, tous les soirs à 20h nous attendions le passage du laitier .L’eglise le dimanche et ces collants, en dentelle que maman s’obstinait à me mettre et qui me grattait les jambes .. Les grandes vacances d’été le mois d’août que nous passions à Saint Cyprien, les coups de soleil, les baignades et les énormes beignets a la crème et au 15 août l’immense sardinade sur la place du village.
    Au retour mes parents me déposaient chez ma grand-mère et jusqu’à la rentrée je finissais ces étés chauds dans la maison aux volets fermés jusqu après 16h .
    Chez ma grand mère j’y passais toutes mes vacances c’était la seule mamie que j’avais tous mes autres grands-parents étaient partis avant ma naissance.
    Chez grand- mère fin août c’était les fruits gorgés de soleil qui arrivaient et c’était le travail des mises en bocaux des poires, des abricots, des pêches et des cerises que nous ouvrirons l’hiver au dessert. Puis les confitures moi perchée sur un tabouret au dessus du confiturier tournant les fraises et mamie qui me disait ne  » Goûte pas, ne met pas tes doigts tu vas te brûler » . Chaque week-end mes parents venaient nous voir. Nous nous levions de bonne heure, mettions le beau service de table, la coiffeuse était venue pour nous faire belle toutes les deux moi avec ma barrette en velours vert et mamie avec son beau peigne a chignon en corne.
    Je me souviens un peu plus grande lire les  » Nous deux  » Que ma grand mère achetait tout en disant  » C’est des bêtises  »
    Je me souviens qu elle ne ratait pas une étape du tour de France , de nos ballades dans les bois où nous retrouvions d’autres enfants, de ma gourde en plastique et la menthe a l’eau, du pain avec du beurre et les carrés de chocolat pour le goûter et la tristesse qui m’envahissait lorsque les vacances finissaient.
    Ma chère grand-mère est disparue 1 an après papa j’avais 14 ans . J’ai quitté l’enfance a ce moment là….

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