De moi à vous

Un jour, un tableau : Les asperges de Manet

Botte d’asperges de Manet joue sur le contraste de couleurs franches : le vert cru lumineux d’un lit de salade et le blanc chaleureux aux reflets mauves des légumes printaniers se détachent d’un fond obscur à la manière des natures mortes hollandaises, créant une profondeur troublante.

À 48 ans, l’artiste est au firmament de sa gloire. Durant cette ultime période de création – trois ans plus tard, il allait mourir de la gangrène –, Manet s’est lancé dans une série de natures mortes, genre qu’il peut exercer depuis son atelier où il est immobilisé par la maladie.

« Un peintre peut tout dire avec des fruits ou des fleurs, ou des nuages seulement »

Il avait, par ailleurs, prouvé ses talents en soignant certains détails de ses grandes compositions, tel le panier de fruits du Déjeuner sur l’herbe ou le bouquet de fleurs de sa sensuelle Olympia.

Il exécute ce tableau à la demande du collectionneur russe Charles Ephrussi pour 800 francs mais, charmé par la composition de l’oeuvre, ce dernier lui envoie finalement la coquette somme de 1 000 francs. Manet peint alors une autre petite toile, l’Asperge (conservée au musée d’Orsay), dans un style encore plus libre exprimant la quintessence de l’acte de peindre et du plaisir qu’on peut y prendre, en l’accompagnant d’un mot plein d’esprit :

« Il en manquait une à votre botte« 

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