Un peu de moi

Un plaisir de te revoir…

Je dédie ce billet à quelqu’un qui m’est cher et que j’ai revu par le plus grand des hasards il y a peu.

J’ai pensé alors au Surgissement en le voyant (car oui, il s’agit d’un homme), le surgissement qui fait que dans un quotidien qui s’annonçait paisible, plus rien, absolument plus rien de cette journée n’a eu la même couleur, le même éclat. Tout était bleu, d’un bleu doux, de celui qui met du baume au coeur, de celui d’un ciel de Provence un samedi de grand vent. Le surgissement.

Quelles sommes de hasards ont constitué cette journée pour arriver finalement à ce que nous nous croisions, échangions deux mots, maladroits, deux ou trois phrases même qui, pour ce qui me concerne, n’avaient que le désir de faire durer le moment ? Par quelles hésitations suis-je passée avant de m’asseoir à cette terrasse, un petit quart d’heure avant un rendez-vous, un petit quart d’heure pour faire revenir à la surface tout un pan de mon histoire ?

Le surgissement d’une main qui s’extirpe d’une poche et vers laquelle la mienne s’est tendue, qu’elle a caressé fugitivement. Tout, absolument tout restera inscrit dans la mémoire.

Le surgissement annoncé pourtant car le matin même j’étais tombée sur une photo d’il y a quelques mois, qui le montrait cet homme à cheval, avec cet air un peu boudeur qui lui va bien et sans doute le sait-il. Le hasard s’amusait beaucoup ce jour-là.

Quelques minutes volées au temps de l’après-midi pour te voir arriver jusqu’à moi sans en avoir la connaissance, te voir glisser entre les tables, tes lunettes sombres sur le nez.

Il y a entre nous une évidence que tu le veuilles ou non, celle des premiers instants d’alors, celle qui n’a rien de calculé comme ce rapide échange.

Rien n’arrivera par la suite, tout sera de nouveau bien rangé dans la mémoire puisque tu l’as décidé ainsi.

Pour moi qui ne publie pas grand-chose de personnel sur ce blog, je voulais laisser une trace de cette apesanteur dans laquelle j’ai été ce court instant et combien la retombée, le retour à la réalité a été difficile.

Faire confiance à la vie, il le faut.

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